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Le progrès économique selon la gauche

La gauche est réputée progressiste et ouverte, alors qu’elle est conservatrice et sectaire. En attestent les premiers discours, et surtout l’équipe préposée au changement : des copains de l’ENA qui nous dévoileront les merveilles de l’économie publique, voire soviétique.


Tout le monde le sait ! La gauche est progressiste et la droite conservatrice (dans le « mauvais » sens du terme). Mais lorsqu’il s’agit de chercher des traces du progressisme de gauche, la mission s’annonce très ardue. On tombe plutôt sur des exemples contraires.

Lors du discours d’investiture à l’Elysée, François Hollande n’a même pas mentionné son prédécesseur alors que n’importe quel autre dirigeant politique l’aurait fait. On se souvient de l’hommage – excessif – de Jacques Chirac à François Mitterrand. C’est sans doute un progrès.

Mieux encore, le nouveau président de gauche a repris les thèmes accusateurs à l’égard des « riches, de la rente et des rémunérations exorbitantes. Il ne peut pas y avoir des sacrifices pour les uns et des privilèges pour les autres », a renchéri François Hollande. Un discours d’apaisement et de réconciliation nationale… C’est un autre progrès.

La droite « conservatrice » dirigée par Sarkozy a pratiqué l’ouverture en 2007, la gauche « progressiste » rejette tous ses adversaires et fonctionne de manière clanique. Le nouveau président s’est entouré de tous les courants de la gauche, même les plus rétrogrades, mais ils sont de gauche : donc c’est encore un progrès.

Les nominations (directeurs de cabinet, conseillers…) reflètent très bien la furieuse envie de changement : pour l’essentiel des énarques en majorité et des gens issus de la fonction publique. A l’Elysée, une dizaine de préfets ou inspecteurs des finances seront chargés de conseiller le président. Pratiquement tous font partie des promotions Voltaire et Rotschild à l’ENA, deux années riches en élite de gauche. Voilà un progrès de plus.

Au gouvernement, les grands ministères - Economie, Travail et Affaires Etrangères – sont dirigés par des énarques. A la tête des autres ministères on trouve, soit des politiques de carrière (comme François Hollande d’ailleurs), soit de hauts fonctionnaires qui n’ont jamais connu le monde de l’entreprise. Et si l’on regarde les cabinets ministériels, là où se distillent les politiques publiques, on peut craindre le pire. Les directeurs de cabinet des principaux ministres (Economie, Travail, Social, Education) sont tous énarques et anciens inspecteurs des finances ou des affaires sociales. A noter la présence à Bercy de Frédéric Brédillot en tant que conseiller en charge de la réforme fiscale. C’est lui qui a rédigé le programme fiscal du candidat Hollande… A attendre le progrès dans la fiscalité, et plus précisément une fiscalité encore plus progressive.

Enfin, le ministère du Redressement productif est inspiré de la belle période soviétique où sont nés les premiers Commissariats du peuple (dont le président était Vladimir Lénine). Parmi ses Commissariats figurait un certain Commissariat au redressement industriel (sic) dirigé par le Commissaire Viktor Noguine. A défaut de redresser l’industrie soviétique, ce ministère a bénéficié de la plus haute tour de Moscou, le gratte-ciel Lermontov construit en 1953. A la tête du ministère français, on a nommé Arnaud Montebourg, chantre de la démondialisation. C’est un bond en avant vers l’économie planifiée, c’est un progrès.

C’est la « grande parade » comme disait Jean François Revel. Elle ne se déroule pas sur la Place Rouge, mais sur la Place de la Bastille. Progrès : Paris c’est mieux que Moscou.

Réfléchissez-y : comment les socialistes ne seraient-ils pas les pires conservateurs qu’on puisse imaginer, puisqu’ils ont pour message le tout Etat et pour clientèle ceux qui depuis des décennies ont imposé aux gouvernements successifs la tyrannie du statu quo : cette moitié de Français qui vit par l’Etat et pour l’Etat, et qui veut que rien ne change.

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Messages (5)

Lisez Hayek

le 24 mai 2012, 20:21

(...) Or, bien que la position que j’ai tenté de définir soit aussi fréquemment étiquetée « conservatrice », elle est fort différente de celle à laquelle le nom a été traditionnellement attaché. Il y a du danger dans cette situation confuse qui mène les défenseurs de la liberté et les vrais conservateurs à se regrouper pour s’opposer ensemble aux orientations qui menacent au même degré leurs idéaux divergents. C’est pourquoi il importe de distinguer clairement la position adoptée ici de celle qui est connue depuis longtemps - et sans doute à plus juste titre - sous le nom de conservatisme.

Le conservatisme proprement dit est une attitude légitime, probablement nécessaire, et incontestablement très répandue, d’opposition aux changements radicaux. Il a, depuis la Révolution française et pendant un siècle et demi, joué un rôle important dans la politique européenne. Jusqu’à l’apparition du socialisme, son rival essentiel a été le libéralisme. Il n’y a rien, par contre, dans l’histoire des Etats-Unis qui corresponde à ce conflit dans la mesure où ce qui était en Europe appelé libéralisme était en Amérique la commune tradition sur laquelle la structure du pays avait été édifiée : le défenseur de la tradition américaine était un libéral au sens européen du terme. Cette confusion initiale entre libéralisme et tradition en Amérique a été aggravée par la tentative récente d’y transplanter le type européen de conservatisme qui, étant étranger à la tradition américaine, a pris, au cours du processus, un caractère assez bizarre. Quelque temps auparavant, les radicaux et les socialistes américains avaient de surcroît commencé à se qualifier de « libéraux ». Je continuerai pour le moment malgré tout à qualifier de libérale la position que je défends parce que je la crois aussi différente du vrai conservatisme que du socialisme. Qu’il me soit permis de dire néanmoins que je n’utilise le mot qu’avec un embarras croissant, et que je devrai tout à l’heure me demander s’il ne serait pas possible de trouver une appellation plus appropriée pour le parti de la liberté. La raison en est non seulement que le terme « libéral » suscite, aux Etats-Unis, de fréquents malentendus, mais aussi qu’en Europe la version rationaliste du libéralisme a été longtemps l’un des meilleurs catalyseurs du socialisme.

J’énoncerai maintenant ce qui me paraît être l’objection décisive à tout conservatisme proprement dit. Cette objection est que, par sa nature même, le conservatisme ne peut proposer d’alternative à la direction que nous suivons aujourd’hui.

Le conservatisme peut, par sa résistance aux tendances prédominantes, ralentir une dérive indésirable, mais il ne peut empêcher que la dérive persiste, puisqu’il n’indique aucun autre chemin. C’est pour cela que son destin a été d’être entraîné invariablement sur une route qu’il n’avait pas choisie. La lutte entre conservateurs et progressistes peut affecter la vitesse, mais non la direction des évolutions contemporaines. Et même s’il faut bien un « frein sur le véhicule du progrès », je ne puis pour ce qui me concerne me contenter d’actionner le frein. Ce que le libéral doit se demander essentiellement, ce n’est pas à quelle vitesse et jusqu’où nous devons aller, mais où nous voulons aller.

(...) L’image généralement donnée de la position relative des trois partis obscurcit plus qu’elle n’éclaire leur rapport véritable. Elle les représente d’ordinaire comme trois points sur une même ligne, les socialistes à gauche, les conservateurs à droite, et les libéraux quelque part entre les deux. Rien ne saurait être plus fallacieux. Si nous voulons faire un schéma, il serait plus approprié de les disposer en triangle, les conservateurs occupant l’un des angles, les socialistes tirant vers un second et les libéraux vers un troisième. Comme pendant longtemps les socialistes ont été en mesure de tirer le plus les conservateurs ont été entraînés dans la direction des socialistes davantage que dans celle des libéraux et ont adopté, à intervalles irréguliers, les idées que la propagande socialiste avait rendues populaires. Ce sont régulièrement les conservateurs qui ont transigé avec le socialisme et lui ont préparé le terrain. Adeptes de la Voie moyenne, et n’ayant pas d’objectif qui leur soit propre, les conservateurs ont été guidés par la conviction que la vérité doit se trouver quelque part entre les extrêmes, ce qui a fait qu’ils ont modifié leur position chaque fois qu’un mouvement plus prononcé s’est manifesté d’un côté ou de l’autre."

Hayek - Pourquoi je ne suis pas conservateur - Un beau portrait de ce qu’est la droite conservatrice

Le libéralisme n’a rien à voir avec la droite ou la gauche, c’est pourtant pas compliqué. Que vous critiquiez la gauche en disant qu’elle n’est pas libérale, OK, mais que vous critiquez la gauche en la commparant à la droite AU NOM DU LIBERALISME, ça me dépasse. Ca aussi, ce n’est pas bien compliqué, il me semble.

Sur ce, bonne continuation,

NC

P.S.

le 24 mai 2012, 20:40

Ceci dit, je n’ai rien que les votre "autrement" (je vous laisse deviner pour qui)comme je l’ai lu ailleurs, c-à-d, pas pour Sarkozy ("car il n’y avait rien de libéral dans son programme") mais pour d’"autres" au nom des valeurs chrétiennes, en souvenir de l’Algérie française, etc. Ce sont, en effet, des votes aussi honorables que d’autres. Le seul hic, c’est que le pogramme de ces "autres" est profondément anti-libérale. Que ceux qui glisse ce vote honorable dans l’urne cesse alors de parler au nom du libéralisme, c’est une simple question de cohérence. Bonne continuation.

Promotion.

le 25 mai 2012, 13:22

Si je vois bien la promotion Voltaire en revanche je ne vois pas trace d’une promotion Rothschild. Vous pouvez préciser ?

http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d’%C3%A9narques_par_promotion#Promotion_Voltaire_.281980.29

Le mélange des pouvoirs à gauche et à droite...

le 26 mai 2012, 22:34

Ce texte apporte l’ambiguïté là où il devrait pas y en avoir.

Il existe 3 grandes manières de gouverner :

> la forme progressiste

> la forme conservatrice

> la forme libérale

Il n’y a donc pas une dichotomie droite-gauche aussi marquée que comme le laisse supposer le système politique français, car il manque en France (mais aussi dans beaucoup d’autres pays) la composante libérale, si honnie dans notre pays qui a oublié que le libéralisme était né avec le siècle des Lumières.

La forme "progressiste" utilise le système pour illusionner le peuple en faisant croire que les libertés individuelles se traitent de manière collective. Sociologiquement parlant, on trouve plutôt des personnes qui ont du mal à être autonomes et pour qui la reconnaissance sociale se fait avec l’argent des autres, quitte à créer de l’injustice en portant atteinte aux droits naturels.

La forme conservatrice, c’est celle qui consiste à tenter d’utiliser le système pour maintenir une protection sur ce qui existe. Il y a ici une volonté de maintenir la rente (d’où la notion de conserver) à ceux qui s’estiment avoir plus à perdre à laisser le pouvoir évoluer vers autre chose, quitte là aussi à renoncer aux droits naturels.

Dans les formes "progressiste" et "conservatrice", le peuple s’appuie et fait confiance à une élite pour que le progrès ou le maintien en l’état de la société soit réalisé. Or la réalité, c’est que chaque élite manipule son électorat par des promesses qui débouchent sur un constructivisme de loi qui s’oppose aux droits de l’homme et du citoyen, car l’État est détourné de sa fonction de garant pour devenir coercitif... si l’une des deux parties avaient la solution aux malheurs du peuple, elle aurait fait ses preuves depuis longtemps... et le peuple demeure insatisfait, par naïveté et par peur du lendemain, chez les progressistes, de ne plus pouvoir vivre sur le dos des autres, pour les conservateurs, de ne plus pouvoir vivre en exploitant les autres.

La forme libérale, que les conservateurs et les progressistes utilisent comme bouc-émissaire de leurs turpitudes de gouvernement auprès de citoyens naïfs, n’a jamais le pouvoir mais est toujours la forme dont les idées permettent à la Société d’avancer vers la maturité d’une société de citoyens libres et responsables dans leurs décisions.

La seule forme politique possible qui permette aux citoyens de sortir du constructivisme de gauche comme de droite est le libéralisme, mais pour cela, il est nécessaire que les citoyens ne soient pas corrompus ou soient l’objet de peurs qui les poussent dans le conflit d’intérêts permanent.