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Le budget britannique continue sur la voie des économies et de la baisse de la fiscalité

Malgré le plein emploi (taux de chômage à 5 %, taux d’emploi à 74 %) et la croissance économique (entre 2 et 3 % en 2016), le Royaume-Uni ne compte pas faire une pause dans les réformes et l’amélioration de ses atouts économiques. Le budget de printemps présenté par le chancelier George Osborne fait de nouvelles propositions dans ce sens.

Tout d’abord, de nouvelles coupes budgétaires seront réalisées dans le domaine des prestations sociales : 4.4 Mds de livres sterling (5.52 Mds d’euros) d’économies sur 4 ans.

Pour ce qui est de la fiscalité, de nouvelles baisses sont annoncées. La taxation des plus-values passe de 28 à 20 % et le nouveau seuil de la taxe professionnelle est porté de 6 000 à 15 000 livres sterling (18 827 euros). Pour ce qui est de l’IS (Impôt sur les sociétés), il sera de nouveau baissé jusqu’à 17 % d’ici 2020. De plus en plus, l’IS britannique se rapproche de l’IS irlandais (12 %) et s’éloigne de celui pratiqué en France (entre 33 et 38 %, presque 20 points de plus). Dans le graphique ci-dessous, on peut constater l’évolution à la baisse de l’IS au Royaume-Uni ainsi que dans d’autres pays.

Une des mesures les plus intéressantes concerne la mise en place du système Lifetime ISA qui permet aux individus âgés de 18 à 40 ans d’ouvrir un compte épargne non taxé sur lequel pour 4 euros déposés, l’Etat en donne 1 euro. Ce compte servira à compléter la pension et pourra être abondé jusqu’à 4 000 livres sterling par an (5 600 euros).

Environ 3.5 Mds de livres sterling d’économies (4.3 Mds d’euros) seront réalisés dans le secteur public et le solde budgétaire britannique deviendra positif dès 2019.

Il est important de souligner que le travail de réforme du gouvernement Cameron est influencé ouvertement par plusieurs think tank britanniques dont le Policy Exchange. Basé à Londres et doté d’un budget d’environ 3.2 millions de livres sterling (4 millions d’euros), celui-ci emploie environ une vingtaine de permanents. Indépendant, ne recevant que des dons privés, le Policy Exchange a fait de nombreuses suggestions de réforme à David Cameron dès 2010 et nombre d’entre elles ont été adoptées. Parmi les plus importantes figurent les économies à faire afin de baisser de 25 % les coûts dans le secteur public, le gel des salaires des fonctionnaires ainsi que la suppression de 600 000 postes sur 4 ans. Policy Exchange est aussi à l’origine de la Welfare Reform et de l’adoption d’une allocation sociale unique ainsi que de l’obligation faite aux bénéficiaires d’allocations chômage d’effectuer un travail d’intérêt collectif et de donner les preuves d’une recherche active d’emploi.

Le Policy Exchange a publié de nombreuses études et beaucoup milité pour la baisse du taux de l’IS afin de rendre les entreprises encore plus compétitives. Une mesure largement prise en compte par David Cameron comme on vient de le voir plus haut. C’est un bel exemple qui démontre que le travail de la société civile est bien utile lorsque les politiques sont à l’écoute…

Statutory Corporation Tax Rates

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