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par Nicolas Lecaussin

La politique de « rigueur » n’est pas la même dans tous les pays

Le budget 2013 est-il un budget de rigueur ? Nicolas Lecaussin propose un tableau saisissant des politiques de rigueur adoptées dans les pays qui, comme le nôtre, connaissent une sérieuse crise de leurs finances publiques : en France pas de baisse des dépenses ni du nombre des fonctionnaires, mais hausse des impôts. Pour qui est la rigueur ? Pour l’Etat ou pour les contribuables ?


En France, après les annonces gouvernementales, on a parlé d’un budget de « rigueur ». Mais que signifie en réalité une politique de « rigueur » ? Parle-t-on de rigueur lorsqu’on augmente les impôts ou lorsqu’on fait des coupes drastiques dans les dépenses publiques ? Dans le petit Robert, le mot « rigueur » signifie « fermeté », « dureté », « exactitude », « précision ». Pour ce qui est de la France, il y a, effectivement, « dureté » envers les contribuables (ménages et entreprises) avec plus de 25 Mds d’impôts supplémentaires mais, dans les autres pays, les gouvernements appliquent aussi (et surtout) la fermeté à l’égard des finances publiques. Regardons de plus près ces récentes politiques de rigueur pour voir en quoi elles sont différentes de ce que font les socialistes français.

Tableau de quelques politiques de « rigueur »

FRANCE

ESPAGNE

IRLANDE

ITALIE

GRANDE-BRETAGNE

Baisse des dépenses publiques

NON

Les dépenses publiques sont même en augmentation avec la création de 6 000 postes de fonctionnaires

OUI

Plus de 14 Mds d’euros d’économies en 2013

OUI

Traitement de choc avec 30 Mds € d’économies. Pour l’an passé, la baisse des dépenses a été de 7 % du PIB

OUI

Mario Monti a présenté un programme de réduction des dépenses publiques de 35 Mds d’euros

OUI

Des coupes dans les dépenses publiques de 600 Mds de livres sur 7 ans

Baisse des impôts

NON

NON

NON

NON

OUI

Baisse du taux marginal de 50 à 45 % sur la plus haute tranche de revenus

(> 150.000 £ par an) et baisse du taux maximal (bouclier fiscal) de l’imposition de 45 à 40 %. Diminution de l’impôt sur les sociétés de 26 à 22 % d’ici à 2014.

Réforme de l’Etat et baisse du nombre de fonctionnaires

NON

OUI

Baisse des budgets des ministères de 26% entre 2012 et 2013

OUI

Le nombre de fonctionnaires a baissé de 9% et leurs salaires de 10% en moyenne

OUI

Réforme des retraites et du marché du travail

OUI

Suppression de 700 000 postes de fonctionnaires entre 2011 et 2017

Hausse des impôts

OUI

Plus de 25 Mds de prélèvements supplémentaires sur les ménages et les entreprises

OUI

Environ 5 Mds d’euros

NON

Le gouvernement irlandais s’est battu pour préserver son taux d’imposition sur les sociétés à 12.5%

OUI

Augmentation de certaines taxes

NON

Dans le tableau ci-dessus, nous avons choisi seulement quelques pays qui ont appliqué des politiques de « rigueur » (nous avons volontairement écarté la Grèce même si ce pays prétend avoir mis en place d’importantes baisses des dépenses de l’Etat). On aurait pu rajouter la Suède, même si elle n’a pas été touchée par la crise : elle vient d’annoncer, comme la Grande-Bretagne, une baisse du taux d’imposition sur les sociétés de 26 à 22 %. Ce qu’on remarque, c’est le fait que la France, à la différence des autres pays, ne fait qu’augmenter la pression fiscale. Avec des conséquences très lourdes pour les années à venir.

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Messages (3)

L’incompétence de nos dirigeants !

le 5 octobre 2012, 15:53

Pour compléter votre excellent article...!

Information publiée sur internet par l’EXPANSION et L’AFP le 3/10/2012

Extrait du texte :

« En France notamment, l’activité du secteur privé enregistre son plus fort repli depuis mars 2009. L’indice PMI composite de l’activité globale est tombé à 43,2 points, alors qu’il avait progressé en août à 48. Les prestataires de services sont confrontés à une baisse du nombre de nouveaux contrats qu’ils attribuent à « la fragilité de la demande et aux reports de projets par leurs clients », selon Markit. Comme dans l’industrie manufacturière, ils enregistrent également un repli des nouvelles commandes. L’activité du secteur manufacturier s’est également dégradée en septembre, atteignant son plus bas depuis avril 2009, à 42,7 points contre 46 en août.

A noter que l’Allemagne (49,2), l’Italie (44,8) et l’Espagne (41,2) ont tous trois des PMI inférieurs à 50. Parmi les pays concernés par l’enquête, le seul à tirer son épingle du jeu est l’Irlande, qui affiche un indice à 53, soit son plus haut depuis 17 mois. »

Fin de l’extrait.

Remarque : Comme par hasard, l’Irlande dispose du plus faible impôt sur les sociétés… !

Thierry FOURGEAUD Consultant à 44100 – NANTES

politique de rigueur

le 6 octobre 2012, 17:12

Il y a quelqaues jours, Michel Sapin, à Télématin a osé revendiquer l’embauche de 2000 employés pour résoudre le chomage !!!!

Comment pouvons nous espérer en sortir ?

Par Goufio

le 16 octobre 2012, 10:26

Les prélèvements fiscaux 2010-2011 sont de 19 Mrds en année pleine et reconductibles, auxquels il convient d’ajouter les 7 Mrds du collectif de juillet 2012 et des 20 Mrds demandés dans le projet de loi de finances pour 2013. C’est en tout 46 Mrds qui vont être ponctionnés annuellement. Où vont-ils manquer ? Partiellement en consommation pour certains, mais ces augmentations vont toucher majoritairement l’épargne, c’est à dire l’investissement. Voilà pour ce qui se voit. Pour ce qui ne se voit pas, ce sont les mauvais signaux envoyés en entrepreneurs qui réfléchiront par deux fois avant d’investir et bien entendu d’embaucher pour répondre aux investissements préalables et non aux incantations patriotiques de M Ayrault qui doit tout ignorer d’une entreprise.

Il ne s’agit donc pas d’une politique de rigueur, il s’agit d’une application dogmatique de punition de ceux qui s’enrichissent en travaillant et en épargnant. Pour Michel Sapin, qui a été cité par un autre commentateur, et pour aussi Mme Fleur Pellerin, la RENTE c’est le PROFIT et il ne peut y avoir de profit sans épargne et sans entreprise. Il s’agit de fondamentaux économiques et non pas de "ficelles" de café du commerce" pour gauchistes archaïques et toujours autant aigris et revanchards. L’histoire, pour le socialiste Hollande, commence à s’écrire, et nous en sortirons ainsi pour longtemps par le dégout du socialisme. F Hollande ne peut que distribuer l’existant, il est par essence incapable de créer de la richesse, à la base, le travail est avilissant, l’épargne c’est un projet de capitaliste, la rente est honteuse alors que c’est avec le profit entrepreneurial la rémunération de l’épargne. Mais le socialisme n’a pas oublié la citation de Karl Marx de 1848, :" Il n’y a qu’une façon de tuer le capitalisme : des impôts, des impôts et toujours des impôts". Ce qui est dit dans le "Capital" de K Marx, est que les moyens de productions doivent être la propriété collective du peuple, ce qui n’est pas dit c’est que cette propriété collective ne peut revenir qu’à l’Etat, et non au peuple. Car le capitalisme, c’est la propriété des moyens de production, soit par l’Etat dans le cadre du communisme soit privée dans le cadre d’un pays ouvert et libre.