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par Jean-Philippe Delsol

La fiscalité de François Hollande ou la grande saignée

Le grand soir fiscal arrive. Le Président Hollande a décrété le retour à la croissance dans deux ans. Pour atteindre son objectif, au demeurant souhaitable a minima, de revenir en 2013 à un déficit budgétaire inférieur à 3%, il escompte une croissance l’an prochain de 0,8% et il a annoncé 10 milliards d’économies et 20 milliards d’impôt nouveaux.


Mais alors que les économies sont incertaines, voire improbables, les augmentations d’impôts seront votées sans coup férir. Je soutiens que ces mesures sauveront la France dit-il, « Et moi, aurait répondu Molière, que la saignée la fera mourir » (L’Amour médecin, II, 4).

Le nouveau taux d’impôt sur le revenu à 75% au dessus de 1 million d’euros n’est qu’un arbre qui cache la forêt. D’ailleurs, à la télévision, M. Hollande a dit paradoxalement qu’il savait que ça ne rapporterait rien, mais qu’il fallait en passer par là pour que les riches soient mis à contribution.

En fait, le pire est ailleurs.

L’impôt sur le revenu frappera les plus aisés au taux de 45% (au dessus de 150 000€), mais tous les contribuables seront pénalisés dès lors que le barème sera gelé. Les moins riches bénéficieront d’une décote et bien entendu la moitié des Français continuera d’être exonérée de l’impôt. Sous réserve des projets de lois à venir, les plus values immobilières et mobilières pourront être taxées au taux de 64,5% (impôt sur le revenu au taux de 45% majoré de la surtaxe Sarkozy de 3 ou 4% et de la CSG/RDS au taux actuel de 15,5%). L’abattement pratiqué sur les dividendes pour tenir compte de l’impôt sur les sociétés payé en amont serait réduit de 40 à 20%, de telle façon que les dividendes supporteraient désormais, pour les actionnaires dans la tranche supérieure à 150 000 €, un impôt de 67,66% (33,33% d’impôt sur les sociétés, 15,5% sur le solde et 45% sur 80% du solde) sans même prendre en compte la surtaxe de 4% qui pourrait porter ce taux à 70, 33%. Et c’est sans connaître l’augmentation de CSG/RDS qui se profile. Le capital n’est pas taxé comme le travail, il était déjà surtaxé pour ce qui concerne les dividendes, mais désormais les taux d’imposition entrent dans la zone dangereuse de la spoliation. Les niches fiscales seront plafonnées à 10 000 €. L’ISF sera augmenté sans plafond ni bouclier peut-être. Les intérêts des entreprises ne seront plus déductibles que partiellement….

Ces impôts excessifs tueront la croissance que déjà les économistes prédisent à zéro pour 2013 plutôt qu’à 0,8. Ils décourageront d’investir et de travailler, ils inciteront au départ les entrepreneurs créateurs d’emplois. Chacun s’organisera pour éviter cette expropriation par l’impôt. Et ainsi la France entrera-t-elle dans le cercle vicieux : plus d’impôt tue l’impôt et appelle à créer par idéologie plus encore d’impôt qui détériore encore un peu plus l’activité et la vitalité de l’économie, etc., alors qu’il aurait fallu tout à la fois réduire drastiquement les dépenses publiques et les impôts pour faire repartir la machine en misant sur la confiance retrouvée et l’initiative des particuliers, entrepreneurs, consommateurs, investisseurs…

Pour compenser cette rigueur tout à la fois dévoyée et inavouée, le gouvernement, plutôt que de faire de vraies économies, engage des dépenses de complaisance comme ces emplois artificiels, dits « d’avenir », qui désapprendront le travail aux jeunes, accueillis quasi exclusivement dans les administrations publiques ou le secteur « social » qui ignorent ce qu’est le vrai labeur. Il ajoutera ainsi du gaspillage au gaspillage.

Il est vrai que les socialistes sont habitués à piocher, dans leur intérêt propre, dans la poche des contribuables, eux qui hésitaient à choisir leur président entre M. Cambadélis, un ami de Strauss Khan, qui avait été condamné pénalement deux fois, en 2000 à cinq mois de prison avec sursis et 100 000F d’amende pour un emploi fictif dans un foyer de travailleurs immigrés et en 2006 à nouveau à six mois de prison avec sursis et 20 000€ d’amende pour avoir détourné à son profit 620 500 F dans l’affaire de la MNEF, et M. Désir, finalement désigné autocratiquement, qui a écopé en 1998 de dix huit mois de prison avec sursis et 30 000F d’amende pour un autre emploi fictif dans une association qui profitait de subventions publiques. M. Hollande n’avait-il pas promis qu’il ne s’entourerait pas de repris de justice ? Pauvre France !

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Messages (5)

Trop d’impôt...

le 21 septembre 2012, 19:29

Lorsque les agents taxés (comme les appelle l’économiste Laffer connu pour sa célèbre courbe) ont le sentiment que l’état les spolie des fruits de leur travail ou de leur épargne, soit ils arrêtent de travailler (assistanat), soit ils fuient (évasion fiscale). N’est-ce pas ce qui est en train de se passer actuellement dans notre beau pays ? Pauvre France, en effet ! SY (Paris)

En parlant de piocher dans la poche des contribuables...

le 21 septembre 2012, 23:41

Je viens de lire dans la presse que Mitt Romney a eu pour 2011 un taux d’imposition de 14,1%. Moi, je suis imposée à 17,31%, et je suis très loin de posséder la fortune de Mr Romney. Il est vrai que nous sommes en France, où posséder un tout petit quelque chose est considéré comme indécent. Je songe à m’expatrier aux USA. SY (Paris)

# C’est pourquoi je pense

23 septembre 2012, 16:17

C’est pourquoi je pense qu’une flat tax, un taux unique et le même pour tous, du moins au-delà d’un certain revenu, serait plus juste.

Jean-Philipp Delsol

Pas besoin d’impôt !

le 24 septembre 2012, 09:46

Il n’y a pas besoin d’impôt pour financer la marche du pays !!!!

Pour celà il suffit de mettre de l’ordre dans la création monétaire, que les Etats ont abandonnée aux banques privées (FED, BCE, FMI, BM, etc...). Le capitalisme est bon (propriété privée, esprit d’entreprendre, récompense de l’effort par l’argent), mais le système financier l’a vicié en détournant la richesse crée a son unique profit.

Si les Etats reprennait le pouvoir de la création monétaire (c’était le cas jusqu’en 1973 en France), sans intérêt et sans dette, tout le système économique fonctionnerait sans accrocs. LA solution réside dans l’application du Crédit Social inventé en 1918 par C. H. DOUGLAS, qui repose sur 3 actions : 1°) dividende pour chaque citoyen de la naissance à la mort, employé ou non, qui assure un minimum vital 2°) Argent crée sans dette ni intérêt selon la capacité de production du pays, 3°) escompte compensé sur tous les prix de détail, ce qui empêche toute inflation/déflation.

Mais les banques ne veulent pas de ce système ordonné et avec la complicité des Chefs d’Etat, maintiennent ce système financier vicié qui grippe toute la machine (avec les intérpets et la dette)à leur seul profit...

Le projet de budget

le 26 septembre 2012, 09:21

Qu’appèle-t-on confiscatoire en droit français. 75% d’impôt, sans compter les charges sociales, la TVA et les taxes foncières et d’habitation n’est-ce pas confiscatoire ? N’est-il pas anti-constitutionnel de taxer plusieurs fois la même base ? Quid des biens immobiliers : foncier, ISF et revenu ?

# oubli

27 septembre 2012, 10:23

Vous oubliez

la taxe de ’non habitation ’

La taxe de non construction, en gestation il est vrai,

et une myriade d’autres taxes cachées comme les prélèvements qui servent soit-disant à financer les tarifs sociaux de tout et n’importe quoi.

"Les hauts taux tuent les totaux"

le 4 octobre 2012, 11:57

De Laffemas,contrôleur général du commerce l’avait compris il y a des siècles.

Il faut aussi considérer l’inflation((quand on parle des dividendes).

D’autre part il faut noter,avant même de considérer le niveaux des taux,que l’idée même d’aligner l’ impôt sur le revenu et celui sur le capital est complètement folle(on pourrait aussi parler de justice,fiscale...) !

L’épargne(à dessein les socialistes parlent de capital...)c’est du revenu cumulé,elle a déjà été imposée !

Evidemment une flat tax serait souhaitable !

Sur ce point les libéraux ne sont pas très bon(encore une fois malheureusement),pas pédagogue !

Une flat tax peut très bien être progressive(il faut considérer l’architecture fiscale globale,les APL,la PPE,les allocations ou aides diverses).

Un bas salaire qui paierait la flat tax ne serait en réalité pas imposé,du seul fait des APL(15 ou 20% d’impôt sur un bas salaire,200 euros d’APL...).

L’idéal ;une flat tax(pratiquement sans niches),et une fusion des aides et allocations diverses,en somme un impôt négatif(que certains appellent revenu universelle).

Le socialiste est conservateur et réactionnaire ;

"L’impôt progressif sur le revenu pénalise les plus capables et favorise indûment les moins capables en les affranchissant de l’impôt.

Il constitue un obstacle à la promotion sociale.

C’est un impôt conservateur et réactionnaire qui protège la fortune acquise et compromet la constitution de patrimoine pour tous ceux qui ne disposent d’autres ressources que celles de leur travail[...]

On ne voit pas l’écrasement des classes moyennes par un système fiscal inique"

Maurice Allais