Institut de Recherches Économiques et Fiscales

IREF Europe - Institut de Recherches Économiques et Fiscales

Pour la liberté économique
et la concurrence fiscale


par ,

La Poste : changement de statut en attendant la vraie privatisation

Très en retard par rapport à ses concurrentes européennes, la Poste française bénéficiera d’un changement de statut. Un pas en avant mais toujours insuffisant pour en faire une entreprise à part entière.

Reportée plusieurs fois, la réforme du statut de la Poste a été discutée en Conseil des ministres le mercredi 29 juillet et sera au menu du Parlement dès les premiers jours de septembre. L’entreprise publique deviendra une Société Anonyme dans laquelle l’Etat restera l’actionnaire majoritaire qui d’ailleurs injectera dans l’immédiat 1.2 Mds d’euros. De son côté, la Caisse des Dépôts apportera 1.5 Mds d’euros. Une fois de plus, l’argent des contribuables et leur épargne et mise à contribution pour renflouer les caisses d’une entreprise publique mal gérée. Avec un chiffre d’affaires de 18 Mds d’euros, la Poste affiche une dette de 6 Mds d’euros. Elle emploie 330 000 personnes dont les deux tiers bénéficient du statut de fonctionnaires. En différant la privatisation malgré l’ouverture à la concurrence du courrier (le 1er janvier 2011, tout le service courrier européen sera entièrement soumis à la concurrence), la Poste a pris énormément de retard par rapport à ses concurrentes européennes (aujourd’hui plus de 70 % de services proposées par la Poste sont concurrentiels). Privatisée au début des années 1990, la Poste néerlandaise (TNTPost) est aujourd’hui le numéro 1 en France pour le transport des colis et des documents tandis que la Poste allemande devenue la Deutsche Post World Net est maintenant une société anonyme à capitaux mixtes, qui a procédé à des acquisitions comme DHL et le Britannique EXEL et qui réalise 35 Mds d’euros de chiffre d’affaires à l’international (58 % du CA). La Poste française ne réalise que 3 Mds d’euros à l’international (15 % du CA). La Poste néerlandaise réalise un CA de 10 Mds d’euros (et cela sans propose de services bancaires), ce qui est énorme pour un petit pays. La raison est que plus de 60 % du CA est réalisé à l’étranger.

La Poste français bien en retard par rapport à ses concurrentes européennes

Autre élément de comparaison très important c’est la part de la distribution du courrier dans le CA. Alors que pour la Poste allemande, le courrier ne représente que moins du tiers du CA, pour celle française c’est plus de 60 %. Ce qui n’empêche pas la Deutsche Post d’employer plus de 75 % de personnel que la Poste française. Lorsque les syndicats protestent contre le changement de statut, ils veulent garder leurs privilèges et en particulier un système de retraite non provisionné : 57 Mds d’euros qui seront à la charge des contribuables. De plus, ils défendent un « service public » d’une très mauvaise qualité. Plusieurs rapports (Rapport du Sénat – 2003, Rapport de la Cour des Comptes – 2005) et une étude réalisée par Que choisir ? ont montré les déficiences de la Poste française : des résultats de distribution du courrier (J+1) très mauvais (60 % contre 92 % pour la Poste allemande), un réseau complètement inadapté (sur 17 500 bureaux de poste, 6 500 ont une activité de moins de 4 heures par jour et 2 500 de moins de 2 heures par jour), un accueil déplorable et des files d’attente interminables. Avec de tels résultats, on peut se demander si ce simple changement de statut n’arrive même presque trop tard…

Partager cet article :

Autres lectures ...

Décentralisation : allez plus loin, Monsieur Fillon !

EPR d'Hinkley Point :
le nouveau casino du contribuable ?


La retenue à la source empoisonnée

Immigration et lutte contre le terrorisme : faire appel au privé pour plus d’efficacité



Un message, un commentaire ?

Afficher le formulaire

 css js

En continuant la navigation sur notre site, vous acceptez l'utilisation des cookies
F E R M E R

Newsletter hebdomadaire
Recevez gratuitement nos publications