Institut de Recherches Économiques et Fiscales

IREF Europe - Institut de Recherches Économiques et Fiscales

Pour la liberté économique
et la concurrence fiscale


par ,

L’espoir fiscal se lève-t-il encore à l’Ouest ?

Non, il ne faut pas s’abandonner au nouveau paradigme de la normalité. Non, il n’est pas normal que la présidence de la République, à peine le gouvernement composé, se galvaude dans les querelles de faux ménages à peine recomposés. Non, il n’est pas davantage normal que la France veuille battre le record mondial de l’imposition des revenus, fussent-ils supérieurs, à un taux au-delà de 90 % avec les CSG/RDS qui l’accompagnent.

Du matraquage fiscal…

Pourtant le matraquage à la normalité ne fait que commencer, en même temps que la chasse aux riches. C’est un vaste remake de la Révocation de l’Edit de Nantes : les promesses faites aux opposants sont vite reniés. Voilà donc les grandes entreprises et les hauts revenus dans le collimateur au point que le Premier Ministre David Cameron, avec l’humour qui caractérise les Britanniques, invite les contribuables qui veulent fuir l’enfer fiscal français à venir s’installer en Angleterre. Il faut dire que tous les incite à déménager leur domicile ou leur siège social à l’étranger.

Mais les riches ne sont pas les seuls visés. Les charges sociales sur l’intéressement seraient portées de 8 à 20%, les heures supplémentaires seront taxées et chargées, les droits de succession et donation seront rehaussés. Ces mesures ne rapporteront guère, mais elles sont faites pour satisfaire la hargne sociale.

…aux dépenses publiques pléthoriques

En même temps, les grandes dépenses sont engagées. Il y a d’abord les 60 000 emplois aidés supplémentaires créés - soit 420 000 emplois artificiels de plus pour 2012 à ce seul titre. Il y a encore eu, dès la semaine dernière, la première réforme du gouvernement provisoire de Jean-Marc Ayrault consistant à abaisser l’âge de la retraite pour certaines catégories de salariés avec un coût fixé à 1,1 Milliard € la première année pour monter ensuite à 3 Milliards par an à partir de 2017.

Bien qu’inutilement coûteuse, cette réforme doit être mise en perspective avec le montant astronomique des engagements pris par le système d’assurance vieillesse par répartition à l’égard de tous les assurés d’aujourd’hui, actuels ou futurs retraités. Ce montant, calculé par le COR (Comité d’Orientation des Retraites) serait à 362% du PIB. Et si maintenant on se concentre sur les seules pensions des salariés de l’Etat jusqu’en 2050, il faudra, selon la Cour de comptes, 357 Milliards d’euros qui ne sont pas provisionnés.

La seule solution est de revenir à un système de retraite par capitalisation qui serait beaucoup moins onéreux et beaucoup plus profitable pour tous. L’objection habituellement opposée à une telle réforme est que le passage d’un système à l’autre serait impossible. Pourtant, d’autres l’ont fait et notamment le Chili, pionnier en la matière. Dans leur ouvrage remarquable à ce sujet, Jacques Garello et Georges Lane démontrent que c’est possible et souhaitable (Futur des retraites et retraites du futur, IREF/Contribuables Associés).

Nous sommes loin des recommandations de Bruxelles ou de celles du rapport de l’Inspection générale des Finances qui évalue à 5 milliards d’euros par an les économies que l’Etat doit faire pour retrouver d’ici 2016 un budget encore en déficit de « seulement » 3%. Au passage, observons tout de même que l’IGF préconise que l’effort à réaliser pour réduire le déficit doit passer pour les trois quarts par des réductions de dépenses, la hausse de la fiscalité ne fournissant qu’un quart ; elle considère que « Une trajectoire de retour à l’équilibre qui reposerait essentiellement sur une hausse des recettes…singulariserait la France et serait en contradiction avec les efforts visant à améliorer la compétitivité de son économie et le pouvoir d’achat des ménages ».

Au demeurant, la gabegie ne fait que commencer puisque le gouvernement a aussi annoncé d’ores et déjà son projet de blocage des loyers. Il doit souffrir d’amnésie historique, ignorant que le blocage des loyers pendant et suite à la première guerre mondiale, comme celui décrété en 1946, ont surtout servi à organiser la pénurie en décourageant particuliers et professionnels d’investir dans de nouveaux logements ou dans la rénovation des anciens.

Les contribuables peuvent réagir

Mais l’espoir n’est jamais perdu. La démocratie a plus de ressources que la situation ne le laisse croire. Il suffit, une fois encore, de regarder vers l’Ouest.

Le Gouverneur du Wisconsin, Scott Walker, a gagné sa réélection après avoir été contraint à se représenter en cours de mandat dans une procédure de « recall », extrêmement rare, initiée par les syndicats pour outrage. Quel outrage ? Celui d’avoir osé remettre en cause les privilèges des syndicats et des fonctionnaires, d’avoir demandé à ceux-ci de payer des cotisations sociales plus proches de celles du privé, et d’avoir voulu mettre fin à la pratique de ceux-là dans l’état du Wisconsin, comme souvent ailleurs, d’exiger une cotisation quasi obligatoire, d’avoir réduit les droits exorbitants des employés publics.

Le résultat est que la réforme a permis d’économiser 1 Mds$ ; les taxes sur la propriété ont pu être diminuées de 0,4% en 2011, pour la première fois depuis 1998 ; 62% des employeurs pensent à embaucher alors qu’ils n’étaient que 44% en décembre dernier ; le budget de l’état est passé d’un déficit de 3,6Mds$ à un surplus de 150 millions. Les électeurs ne s’y sont pas trompés et Scott Walker a battu largement son adversaire démocrate par un score de 53,2% contre 46,3%.

Et par ailleurs, les Etats-Unis sont en train de se réindustrialiser grâce aux gaz de schiste dont ils sont devenus en quelques années le premier producteur mondial et plus généralement premier producteur mondial de gaz naturel devant la Russie. Obama, selon l’air du temps dont on croit aussi pouvoir vivre en Europe, a dépensé en vain beaucoup d’argent pour subventionner en pure perte des productions d’énergie renouvelable. Mais c’est le gaz de schiste qui a créé déjà 600 000 emplois et qui permet au pays de disposer d’une énergie bon marché et de relocaliser des industries très consommatrices d’énergie comme la sidérurgie (en Louisiane à Bâton Rouge ou dans l’Ohio) ou des entreprises chimique ou pétrolière. La France doit-elle s’enfermer dans son moratoire sur l’exploitation de ces gaz, dont elle aurait les plus grandes réserves en Europe, ou doit-elle plutôt inciter à leur exploitation en veillant à ce que les techniques utilisées respectent l’environnement ?

Il ne faut pas croire que tout est « foutu » pour toujours car la vie est un éternel recommencement et l’avenir appartient à ceux qui ont des convictions fortes et un courage inépuisable pour dénoncer les erreurs qui sont le lot commun de l’humanité imparfaite.

Partager cet article :

Autres lectures ...

EPR d'Hinkley Point :
le nouveau casino du contribuable ?

Obamacare est un désastre


« 100 jours pour que la France réussisse »
Jacques Attali n'a rien compris au problème des retraites

Dette publique française
Faisons le choix de la baisse des dépenses publiques et des réformes structurelles !



Un message, un commentaire ?

Afficher le formulaire

Messages (3)

Capitalisation

le 22 juin 2012, 21:50

Mot ’tabou’, pour ne pas dire ’gros mot’, lorsqu’on parle des retraites. Si on commençait par transférer une partie des cotisations retraite payées par les salariés sur des comptes-épargne individuels ? Au moins, l’argent ainsi épargné travaillerait et profiterait à celui qui l’a versé. Est-ce si difficile à mettre en oeuvre ? Une autre objection à la retraite par capitalisation est ’les smicards ne pourraient pas y souscrire’. Justement, avec le système suggéré dans ce commentaire, même les smicards pourraient souscrire.

SY (Paris)

- Répondre -

L’Espoir fiscal...

le 24 juin 2012, 18:32

...un budget encore en déficit de 3% en 2016. Vous semblez oublier que si le T.S.C.G. est ratifié par Hollande (déjà signé par Sarkozy en mars)le déficit devra être ramené à 0.5% et la dette remboursée au niveau de 5% par an jusqu’à concurrence de 60% du PIB !!!

Ce que l’on appelle gentiment la règle d’or !

Admirons au passage la très grande discrétion des chiffres de ce traité !!

Jidé

- Répondre -

Exploitation du Gaz de schiste en France

le 25 juin 2012, 10:25

La plus grand prudence s’impose quand on voit le désastre crée aux US. 600 000 emplois ne justifient pas de massacrer la nature et l’empoisonnement des ressources naturelles. J’aimerai encore pouvoir boire l’eau de mon robinet dans 20-30 ans, de même pour nos enfants ! La méthode "cow-boy" NON. Il faudra plusieurs années de recherches avant de pouvoir s’assurer une telle production avec le respect de l’environnement comme vous dites. Comme les puits profonds pour la géothermie, ce n’est pas anodin, il suffit de s’informer sur les essais en Alsace et près de Bâle en Suisse. La première chose, il faut ECONOMISER toutes les formes d’énergies, à tous les niveaux, re apprendre à utiliser ses PIEDS pour se déplacer, donc prendre le temps, qui a été banni par la production industrielle à outrance. Il est normal que les gaspilleurs soient les payeurs. L’énergie sera et DOIT être de plus en plus chère, c’est un bien précieux fourni par dame Nature. C’est dans cette voie qu’il faut aller, il y a plein d’emplois à créer.

- Répondre -

 css js

En continuant la navigation sur notre site, vous acceptez l'utilisation des cookies
F E R M E R

Newsletter hebdomadaire
Recevez gratuitement nos publications