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Inégalités et pauvreté en France
mais où va l’argent de nos impôts ?

Les décideurs politiques nous l’ont toujours dit : si les Français paient beaucoup d’impôts c’est pour avoir d’excellents services publics et pour moins de pauvreté et d’inégalités. Concernant les services publics, les Français ont compris depuis longtemps qu’ils payaient plus pour les armées de fonctionnaires et d’agents publics (et pour leurs privilèges) que pour leur qualité. S’il y avait des incertitudes concernant les moyens mis en œuvre pour faire baisser la pauvreté et les inégalités, de nouvelles données statistiques vont faire éclater quelques idées reçues.

D’après les conclusions d’un nouveau Rapport de l’OCDE, les inégalités se sont aggravées dans le monde entre 2007 et 2013 et la France ferait partie des pays les plus touchés par cette aggravation. Le coefficient de Gini qui mesure les écarts de patrimoine et de revenus entre les individus est passé, en France, de 0.293 à 0.309 sur cette période. Cette augmentation place la France dans le peloton de tête, derrière l’Espagne, la Grèce et l’Estonie. Même si la redistribution atténue ce creusement des inégalités, la France reste dans le top 5 des plus fortes hausses des inégalités entre 2007 et 2013.

Sans entrer dans le détail des calculs faits par l’OCDE, on se demande comment un pays qui a un taux de prélèvements obligatoires à 46 % du PIB n’arrive pas à corriger les inégalités ?
D’autres données statistiques nous incitent à poser cette question. Le taux de pauvreté en France se situe autour de 14 % alors qu’il est de 15.9 % au Royaume-Uni. Une différence de seulement 1.9 points alors que les dépenses sociales en France s’élèvent à 32 % du PIB contre 22 % au Royaume-Uni. 10 points de différence ! Et les prélèvements obligatoires au Royaume-Uni représentent 32.9 % du PIB (2013).

Encore plus intéressant c’est que L’ONS (Office for National Statistics) britannique vient de publier le taux de pauvreté longue durée (il s’agit de personnes restées au moins deux ans sous le seuil de pauvreté) en 2013 dans les pays membres de l’Union européenne. On découvre que le taux en France est à 8.5 % et au Royaume-Uni à 7.8 %. Il y a donc moins de pauvreté de longue durée au Royaume-Uni qu’en France.

Pauvreté et dépenses sociales :France vs Royaume-Uni
FRANCE ROYAUME-UNI
Dépenses sociales (en % du PIB) 32 % 22 %
Taux de prélèvements obligatoires (en % du PIB) 46 % 32.9 %
Taux de pauvreté (en % de la population) 14 % 15.9 %
Taux de pauvreté longue durée (en % de la population) 8.5 % 7.8 %
Sources : OCDE, ONS (2013)

Dans le Rapport de l’OCDE, les 10 % des plus riches Français gagnent, en moyenne, 7.4 fois plus que les 10 % les plus pauvres. En Allemagne, c’est 6.6 fois plus et en Suède, 5.8 fois plus. Là aussi, la France corrige moins les inégalités que d’autres pays qui ne mènent pas les mêmes politiques anti-riches que la France…

Les contribuables français ont le droit de demander des comptes. Les prélèvements obligatoires qui battent des records ne semblent pas être d’une grande efficacité. Au contraire, ils tuent la croissance économique et la création d’emplois. C’est-à-dire les vraies armes contre la pauvreté et les inégalités.

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Messages (4)

DES AIDES AUSSI COUTEUSES QU'INEFFICACES

le 26 mai 2015, 17:30 par Lexxis

Les statisticiens, trop souvent rejoints par les idéologues, se focalisent volontiers sur les plus riches, pour les opposer aux plus pauvres de manière à faire pleurer dans les chaumières ou à relancer une lutte des classes, qui ne s'est jamais éteinte chez nous. C'est pour cette raison que l'option inverse qui consiste à s'intéresser prioritairement et intrinsèquement aux plus pauvres, à comparer leur importance relative de pays à pays en mettant en face toutes les dépenses engagées par chaque pays pour que ses pauvres soient moins pauvres ou cessent de l'être est particulièrement éclairante.

Et là l'échec français est patent avec immédiatement une double question de fond :

1 - Pourquoi donc notre politique sociale, notre fameuse exception sociale française, est -elle si peu efficace, voire carrément inefficace en dépit de l'importance extraordinaire des moyens engagés ?

2 - Nos dirigeants, comme nos Parlementaires, ne se seraient-ils pas tout simplement fourré le doigt dans l'oeil quant au ciblage des aides, dont la plupart profitent davantage à une clientèle politique soigneusement choyée, qu'à ceux qui, dans le dénuement le plus complet, n'ont pas loisir de faire leur choix politique une priorité de l'existence !

La piste est prometteuse et elle est à saisir par le droite, toujours très frileuse et très gênée, lorsqu'on lui oppose usuellement son insuffisance d'esprit social. Car enfin la question finale n'est-elle pas de savoir si l'on aide, si l'on achète ou si l'on gaspille ?

Les quelques éléments fournis par l'étude laissent à craindre que les deux dernières réponses soient malheureusement et depuis assez longtemps prépondérantes.

17 juin, 09:29 - valof

Le système social français ne lutte pas contre la pauvreté directement. Il offre un salaire à vie sous forme d'une retraite, une assurance maladie, une assurance chaumage et des allocations familiales. Cette étude reste frauduleuse en comparent des points dépenses (comme le régime d'assurance maladie) qui n'a rien a voire avec la pauvreté. Car soigner gratuitement les gens ne lutte pas contre la pauvreté. Il est vrais que ce système coûte chère en cotisation social. Mais moins chère que des mutuelles privés (par exemple en France l'assurance maladie coûte 10% du PIB alors qu'au EU elle coûte 15% à service égaux. Pour faire une étude juste comparons ce qui est comparable. Ne mélangeons pas "assurance maladie" avec pauvreté,et "dépense publique" avec armé de fonctionnaire...

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Les inégalités

le 26 mai 2015, 18:32 par liberal

Les revenus pris en compte pour ces évaluations incluent-ils toutes les allocations perçues ? Est-ce après impôt ou avant ? Quels sont ces revenus en valeur absolue ?

- Répondre -

Une chose à comprendre : lutter contre les inégalités ne réduit pas la pauvreté !

le 27 mai 2015, 10:07 par Michel C

J'ai toujours eu du mal à voir le rapport entre pauvreté et inégalités (en termes d'écarts de revenus par exemple). Réduire les inégalités ne conduit pas nécessairement à une réduction de la pauvreté (dans les faits, on peut même constater que lorsque les inégalités se réduisent, le nombre de pauvres augmente). C'est toujours ce qu'a expliqué Margaret Thatcher.

Bref, nous pourrions presque considérer qu'il s'agit de deux sujets distincts : un sujet vraiment problématique (la pauvreté) et un sujet plus démagogique qu'autre chose (les inégalités). L'erreur étant de s'occuper surtout du deuxième, en pensant régler le premier, ce que font nos politiques français depuis des années.

Il n'est dès lors pas étonnant de voir que la pauvreté, de longue durée, ne réduit pas en France et que la France n'est pas spécialement un exemple en la matière.

En revanche, si lutter contre les inégalités ne réduit pas la pauvreté, ce que montrent ces chiffres (premier constat), on pourrait au moins s'attendre à ce que cette lutte chevaleresque des nos glorieux gouvernants réduise... les inégalités. Deuxième constat : il n'en est rien, les inégalités augmentent.

Conclusion : beaucoup d'argent issu des impôts, c'est-à-dire de nos poches, est gaspillé pour 1) une lutte inefficace contre les inégalités (cette lutte a-t-elle d'ailleurs un sens ?) et 2) maintenir les pauvres dans la pauvreté...

# Re : Une chose à comprendre : lutter contre les inégalités ne réduit pas la pauvreté !

27 mai 2015, 10:29 - Nicolas Lecaussin

Tout à fait d’accord avec vous.
NL

# Re : Une chose à comprendre : lutter contre les inégalités ne réduit pas la pauvreté !

27 mai 2015, 10:29 - Nicolas Lecaussin

Tout à fait d’accord avec vous.
NL

# Re : Une chose à comprendre : lutter contre les inégalités ne réduit pas la pauvreté !

27 mai 2015, 10:29 - Nicolas Lecaussin

Tout à fait d’accord avec vous.
NL

# Re : Une chose à comprendre : lutter contre les inégalités ne réduit pas la pauvreté !

27 mai 2015, 10:29 - Nicolas Lecaussin

Tout à fait d’accord avec vous.
NL

# Re : Une chose à comprendre : lutter contre les inégalités ne réduit pas la pauvreté !

27 mai 2015, 10:29 - Nicolas Lecaussin

Tout à fait d’accord avec vous.
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# Re : Une chose à comprendre : lutter contre les inégalités ne réduit pas la pauvreté !

27 mai 2015, 10:29 - Nicolas Lecaussin

Tout à fait d’accord avec vous.
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# Re : Une chose à comprendre : lutter contre les inégalités ne réduit pas la pauvreté !

27 mai 2015, 10:29 - Nicolas Lecaussin

Tout à fait d’accord avec vous.
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# Re : Une chose à comprendre : lutter contre les inégalités ne réduit pas la pauvreté !

27 mai 2015, 10:29 - Nicolas Lecaussin

Tout à fait d’accord avec vous.
NL

# Re : Une chose à comprendre : lutter contre les inégalités ne réduit pas la pauvreté !

27 mai 2015, 10:30 - Nicolas Lecaussin

Tout à fait d’accord avec vous.
NL

# Re : Une chose à comprendre : lutter contre les inégalités ne réduit pas la pauvreté !

27 mai 2015, 10:30 - Nicolas Lecaussin

Tout à fait d’accord avec vous.
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# Re : Une chose à comprendre : lutter contre les inégalités ne réduit pas la pauvreté !

27 mai 2015, 10:30 - Nicolas Lecaussin

Tout à fait d’accord avec vous.
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# Re : Une chose à comprendre : lutter contre les inégalités ne réduit pas la pauvreté !

27 mai 2015, 10:30 - Nicolas Lecaussin

Tout à fait d’accord avec vous.
NL

# Re : Une chose à comprendre : lutter contre les inégalités ne réduit pas la pauvreté !

27 mai 2015, 10:30 - Nicolas Lecaussin

Tout à fait d’accord avec vous.
NL

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le 4 juin 2015, 16:33

Normal les gournements français depuis des années n'arrètent de donner des aides au MEDEF sans contreparties efficaces et controlées ...

Des dizaines de milliards d'euros d'allègemnt de cotisations ou charges depuis des lustres creusent les déficits de financement sociaux divers...

Les paradis fiscaux ou sont planqués chaque année des revenus y participent également ...

Les aides diverses aux potentas étrangers sont à rajouter..

Le train de vie énorme et sans aucun control sérieux des ministères et des élus..

Etc ...

Pendant ce temps là nous ont cotisent...

Et vous IRF les donneurs de leçon qui vivez de dons et qui ne créez aucune richessse...

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