Institut de Recherches Économiques et Fiscales

IREF Europe - Institut de Recherches Économiques et Fiscales

Pour la liberté économique
et la concurrence fiscale


par ,

Gaz de schistes : bonne nouvelle pour les consommateurs…étrangers

Le prix du gaz naturel a chuté dans le monde entier. Mais pas en France : faillite de notre politique et pénalité pour les consommateurs. Lucas Léger, chercheur à l’IREF, explique ce paradoxe.

Les prix du gaz ont largement chuté ces dernières années. De plus de 5 dollars/million de BTU fin 2010 à moins de 2 aujourd’hui. Sur ce marché très segmenté géographiquement, c’est aux Etats Unis que l’on observe la plus forte baisse. En France, pourtant, les tarifs n’ont cessé de croître. Depuis 2005, les ménages ont subi une augmentation de 60%, soit quatre fois l’inflation sur cette même période ! Et les consommateurs français constatent chaque année l’augmentation du prix du gaz sur leurs factures. Comment expliquer ce paradoxe ? Cette apparente incohérence est liée à plusieurs facteurs.

Dans sa traditionnelle bienveillance, l’Etat nounou, à l’instar des anciennes économies planifiées de l’Europe de l’est, administre les prix de l’énergie, et notamment celui du gaz. Sous l’égide de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), une formule est appliquée aux fournisseurs de gaz afin d’en déterminer son prix de revente. Or, ce prix est indexé au prix du pétrole, en totale déconnexion avec le marché du gaz d’aujourd’hui. Quant aux variations de cours sur les marchés au comptant, elles n’influaient qu’à 10% son prix (30% aujourd’hui). Sans oublier que GDF, l’un des plus gros opérateurs en France, a négocié, notamment avec l’Algérie, des contrats sur 20 ans à des prix qui sont bien supérieurs à ceux du marché. Le consommateur paye donc l’incompétence des dirigeants en matière d’énergie.

On a partiellement libéralisé un secteur en gardant des prix administrés, alors même que la concurrence repose sur des prix libres. Les prix ne sont pas des formules magiques mais reflètent au contraire la conjoncture, à moins qu’ils soient contrôlés. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Car si en Europe les prix du gaz sont supérieurs à ceux des Etats Unis, cela est lié à l’exploitation des gaz de schiste outre Atlantique. En France, au contraire, la loi du 13 juillet 2011 interdit « l’exploration et l’exploitation des mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux par fracturation hydraulique et à abroger les permis exclusifs de recherches comportant des projets ayant recours à cette technique. »

L’environnement législatif interdit l’exploitation de ressources gazières à peu près aussi importantes que celles des Etats Unis. Bien que la législation ne soit pas parfaite là bas non plus – les propriétaires terriens touchent des royalties indépendamment du prix de marché – elle permet néanmoins l’exploration et l’exploitation de ressources indispensables pour l’accès à une énergie meilleure marché. Résultat des courses, c’est aux Etats Unis que Total part investir plus de 2 milliards de dollars.

En Europe, après avoir suspendu l’exploration du gaz de schiste, le gouvernement anglais vient de l’autoriser à nouveau. Les réserves de gaz sont considérables en mer du Nord et dans l’Arctique, au point que le Premier Ministre Chinois a demandé que son pays soit associé aux explorations menées actuellement par ExxonMobile et Rossnett (Russe), mais sans succès. La situation la plus paradoxale demeure cependant celle de la France, qui a un véritable trésor dans son sous-sol, avec des estimations de plus de 5 milliards de mètres cubes – de quoi assurer notre approvisionnement pendant un demi-siècle. Mais les permis d’exploration ont été retirés après la loi de 2011, à la demande de NKM, la dame qui veille à notre protection écologique. On perd des emplois industriels en France et le consommateur ne voit pas sa facture de gaz diminuer. L’efficacité économique encore une fois sacrifiée au nom de la précaution. « En France on a du pétrole, mais pas d’idées », a titré la Nouvelle Lettre de cette semaine !

Partager cet article :

Autres lectures ...

Exportations agricoles : L’Amérique et l’Union européenne sont à égalité

OGM : 15 millions de producteurs en Asie


Taxis : pourquoi l'État est responsable du conflit

La grande hypocrisie des célébrités écolos



Un message, un commentaire ?

Afficher le formulaire

Messages (8)

Gaz de schistes !!!

le 27 avril 2012, 12:38

Décidément, nous n’avons pas tous accès aux mêmes informations sur Internet !

Je peux comprendre que la France ne puisse pas faire une marche arrière immédiate avec ses centrales nucléaires malgré les catastrophes de Tchernobyl et Fukushima... mais je suis rassuré parce qu’aucune centrale nucléaire ne jouxte ma région !!!

Quant aux gaz de schistes pour lesquels vous faites l’apologie, avez-vous visionné une seule vidéo relatant des méfaits pour l’environnement dans ce si beau Pays d’Amérique ???

Les gens souffrent de maladies incurables et leur eau empeste jusqu’à exploser à la simple flamme d’un briquet !!!

Sous prétexte d’exploiter de nouvelles filières de gaz, vous seriez prêts à soutenir des multinationales avides de profits au détriment de la santé de la nature et des gens qui y vivent !

Il est temps que la conscience des humains évolue rapidement pour que chacun réagisse à de telles inepties !

L’avenir est à l’exploitation de nouvelles énergies, mais certainement pas aux gaz de schistes contre lesquels je suis prêt à combattre si une seule recherche venait à s’effectuer dans ma région !

# Tout à fait d’accord. Il faut

27 avril 2012, 13:56

Tout à fait d’accord.

Il faut arrêter de ne penser qu’au profit immédiat de quelque uns et enfin voir l’avenir de l’humanité.

Nous sommes tous sur le même bateau. A quoi celà servira à certains d’être gavés de pognon si la planête sera invivable.

# Bonjour, Merci de votre

30 avril 2012, 15:16

Bonjour,

Merci de votre réaction. Permettez-moi de préciser quelques points. Je comprends vos préoccupations quant à l’environnement. Vous comme moi, n’avez aucune envie de vivre dans la pollution, nous sommes d’accord sur ce sujet.

L’article ne cherche pas à faire l’apologie du gaz de schiste, je n’en ai pas les compétences scientifiques. Il détail un processus de prix complètement administré et obsolète. Il compare aussi la situation, d’un point de vue de l’analyse économique, la situation en Europe et aux Etats Unis sur l’état de l’offre de gaz. Ensuite, nous regrettons la volonté des pouvoirs publics à interdire la recherche. D’ailleurs, la loi de 2011 étant tellement large qu’elle est aujourd’hui détournée.

L’innovation comporte des risques, mais le droit permet aussi de les limiter en spécifiant les responsabilités au préalable de toute recherche. Le problème, c’est que le principe du pollueur-payeur du droit de l’environnement a été supplanté par le principe de précaution (attaché à la Constitution depuis 2004). Oui, l’exploitation de nouvelles énergies, et qui n’existent pas encore (et qui exclu de fait de financer à grand coût de subventions des énergies qui ne sont pas rentables, comme l’éolien), doit être encouragée. Pour cela, il faut accepter l’innovation et ne pas vivre dans la peur constante.

Bien cordialement,

Lucas

- Répondre -

GAZ

le 27 avril 2012, 14:08

Bonjour,

Je suis entièrement d’accord sur la plupart de vos articles mais sur le gaz de schiste je ne suis pas convaincu.

Est-on sûr qu’il n’y a pas de risque de pollution de la nappe phréatique ?

Cordialement.

- Répondre -

gaz de schiste

le 27 avril 2012, 19:04

je vis dans le gard les permis ne sont pas tous retirés et nous luttons pour qu’ils le soient. Quand notre planète aura explosé à force de jouer aux apprentis sorciers il servira à quoi et à qui de posséder un moyen énergétique à plus bas coût. La nature est un bien trop précieux nous ne devons pas permettre à des financiers qui désirent mettre un prix sur tout le vivant de massacrer notre territoire. Notre lutte est légitime. Pascale, collectif gaz de schiste

# Assez d’idéologie !

28 avril 2012, 12:31

Pascale, comment la planète peut-elle exploser en recherchant du gaz ?! Sans "apprentis sorciers" comme vous dites, nous serions encore dans les cavernes ! Dans les anciens pays communistes, censés être préservés des financiers, on cherchait aussi du gaz parce que l’humanité a besoin d’améliorer son sort. D’où viennent le gaz, l’électricité, l’essence, les objets en matière plastique... que vous utilisez ?

Votre haine obsessionnelle des "profits" et des "financiers" vous fait ignorer que l’état français est l’actionnaire quasi-unique de EdF et majoritaire dans GDF-Suez. L’humanité ne fonctionne pas uniquement parce que des financiers recherchent le profit !!! C’est absurde.

Je peux penser que vous vivez comme le commun des mortels de notre pays. Plutôt bien comparé aux pays du tiers-monde. Alors pourquoi ce discours alors que vous devriez avoir un minimum de reconnaissance pour cette société qui vous évite les famines, la guerre ... qui vous soigne quand vous êtes malade... ? N’est-ce pas une attitude d’enfant gâté qui casse ses jouets ? On peut toujours faire mieux mais cessons d’adopter les idées marxistes qui ont créé tant de drames dans l’histoire de l’humanité ou de prôner le retour à une vie misérable qui est loin d’être celle que vous vivez.

Jean-Claude

- Répondre -

GAZ

le 27 avril 2012, 20:02

Si nous sommes les meilleurs ; prouvons le en trouvant une solution au risque limité pour exploité cette richesse caché. Le problème en France, les monopoles détruisent tout car ils ne sont pas responsables de l’argent public et ne savent fabriquer que des mensonges. EDF/GDF et SNCF en sont les pires exemples. Si les caisses de retraite du privé n’avaient pas été pillées, ces monstres n’existeraient plus. Qui va leur imposer des compteurs permettant de LES contrôler ? Ceci est conforme à notre déclaration des Droits de l’homme dont on nous rebat les oreilles tous les jours. Pouvoirs exécutifs et législatifs ne sont que des marionnettes actionnées par l’oligarchie qui sait peut et possède tout

# FAUX

24 juin 2012, 21:57

FAUX

- Répondre -

gaz de schiste

le 28 avril 2012, 10:19

en lisant cette article, je me demande qui vous finance. Autant il est intéressant d’apprendre que nous payons le gaz trop cher et que nos "élites" sortant d’écoles d’un autre âge (Polytechnique, Ena...) dirige la France sans beaucoup de jugeote, autant il est choquant de vouloir détruire la nature au profit d’une énergie soit disant pas cher mais certainement très polluante, comme on peut le constater dans des reportages venant de ces beaux pays où le gaz de schiste est déjà exploité.

- Répondre -

Déniaiser les français

le 28 avril 2012, 11:23

Qui montera au créneau un jour pour expliquer au bon peuple les enjeux et conséquences des interdictions d’exploitation des hydrocarbures.

Ne comptez pas sur José Bové, Mme Joly et autres pour faire ce travail !!

Ressasser entre initiés nos malheurs d’être incompris ne fera pas avancer les affaires du pays.

- Répondre -

ANGLETERRE ... Angle Obtu ?

le 28 avril 2012, 22:31

DANS UNE DE VOS DERNIÈRE RÉFLEXION ...(PLAIDOYER) ...

".... En Europe, après avoir suspendu l’exploration du gaz de schiste, le gouvernement anglais vient de l’autoriser à nouveau.V... "

...

l ’ Angleterre .... fait-elle vraiment partis intégrante de l’Europe (?)[... ou ne serait-elle pas plutôt ... une porte de "Dévoiement" de ce rassemblement, une Opportuniste Malveillante ... à la soulte du continent nouveau ( Marcher à hue et à Dia ) ? ? ?

Confraternelle Ment !

- Répondre -

Continuons le combat....

le 29 avril 2012, 21:59

Je trouve votre article trés positif dans le sens qu’il rappelle les méfaits de l’économie administrée dont nous n’arrivons pas à nous défaire et aussi de cette betise constituée par le fameux principe de précaution.

Enfin, comme toujours, les détracteurs veulent ignorer l’effet du progrès technique qui améliore les conditions d’exploitation.

Ne vous laissez pas faire, continuons le combat pour plus de libéralisme.

j.Pizzo

- Répondre -

 css js

En continuant la navigation sur notre site, vous acceptez l'utilisation des cookies
F E R M E R

Newsletter hebdomadaire
Recevez gratuitement nos publications