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Fiscalement correct contre toute raison

Les politiques de tous bords veulent « moraliser le capitalisme » en augmentant la fiscalité. L’histoire – et la raison- montrent que taxer encore plus les contribuables ne mène qu’à des échecs.

La crise semble sonner l’hallali de la société de marché. Le chef d’orchestre Bayrou a donné le ton en décrétant que " le capitalisme est amoral par nature. Le capitalisme est inégalitaire par essence, et l’humanisme est égalitaire par vocation" ( Le Monde, 6 avril 2009). Le chœur reprend et chacun y va de son chant vouant le libéralisme aux gémonies. Au Parlement français, un groupe de parlementaires, 12 députés et 12 sénateurs de tous bords, se réunissent pour "se pencher ensemble sur une crise qui nous dépasse tous" explique Jean-Pierre Chevènement ( Le Monde , 15 avril 2009). En Allemagne ce sont les socialistes qui proposent de taxer davantage les riches, mais en France les parlementaires le réclament de tous bords. Pour faire face à la crise financière internationale, tous se retrouvent unanimes pour souhaiter le retour de l’Etat, sauf un, Hervé Mariton, villepiniste sans doute parce qu’il ne savait où être ailleurs, qui fait preuve de courage dans sa singularité : "En novembre, j’ai plaidé pour un juste équilibre entre la nouvelle régulation et la liberté d’entreprendre. Que n’avais-je dit ! En avril, je suis reparti à la charge sur le débat "priorité ou primauté" de l’intervention publique". Quelle affaire ! Ce ne sont pas les libéraux de l’UMP qui donnent le la". (ibidem). MM Balladur et Méhaignerie prônent pour leur part une augmentation de l’impôt sur le revenu pour les plus riches en relevant le taux de l’impôt sur le revenu par la création d’une tranche supplémentaire. Des gens réputés sérieux, Michel Aujean, ancien directeur des analyses et politiques fiscales à la commission européenne, et Ginamarco Monsellato, dirigeant d’un grand cabinet juridique, proposent un article réclamant une fiscalité mondiale comme "la seule réponse au conflit qui oppose finances publiques et privées, Etats nationaux et entreprises internationales", et le Journal Les Echos le publie sérieusement (7 avril 2009) !

Souvenons-nous des enseignements de la crise de 1929

Ce concert assourdissant voudrait emporter la conviction sans raisonner, par KO, par interdiction morale, précisément, de penser autrement. Ce discours devient la langue de bois de l’économie et de la fiscalité correctes. Le problème n’est pourtant pas de savoir si le capitalisme est moral ou non, mais s’il est juste et efficace, ou du moins, dans un monde où rien n’est parfait, le plus juste et le plus efficace. La question est moins de défendre d’ailleurs le capitalisme, qui peut être d’Etat, que l’économie de marché, c’est à dire la liberté des acteurs économiques sans laquelle il ne peut y avoir durablement de libertés réelles pour les citoyens : quand l’Etat contrôle la production de papier, les journaux doivent lui quémander leur quota que l’Etat peut supprimer ou réduire, à son gré. La question serait-elle, sans débat, de vouloir l’égalité à tout prix ? On en connaît le prix justement, c’est celui de la pauvreté généralisée, du parti unique et des passe-droits, des nomenklaturas et des goulags.

Le MEDEF refuse tout nouvel impôt pour remplacer la taxe professionnelle, mais il aura du mal à lutter face aux revendications des élus qui ne veulent pas réduire leurs dépenses. Le président Sarkozy rappelle heureusement qu’il n’a pas été élu pour augmenter les impôts. Il faut espérer qu’il saura résister aussi longtemps que durera cet acharnement politico-médiatique comme beaucoup d’autres pays qui face à la crise ont pris résolument le parti de limiter le dépenses collectives et de baisser les charges fiscales pour redonner aux citoyens-contribuables un peu d’air et de liberté d’entreprendre, ainsi que le rappelle Nicolas Lecaussin dans son livre fort et percutant " Au secours, ils veulent la peau du capitalisme ! " (First Editions). L’avenir dira qui avait raison. Mais d’ores et déjà nous nous souvenons que les Etats Unis on subi la crise de 1929 pendant plus de dix ans, jusqu’à la guerre, pour avoir fait confiance, à tort, à un président favorable à l’intervention massive de l’Etat. Le Japon pour sa part n’en finit pas de lutter contre la dépression qui l’a atteint en 1991 et contre laquelle il n’a guère su se battre autrement, l’épisode utile de Junichir ? Koizumi excepté, qu’au travers de dépenses publiques sans fin, toutes plus onéreuses les unes que les autres pour le contribuable et la nation et sans aucun effet sinon négatif.

Vaincre la pensée unique

Il y a une autre pensée que la pensée unique, soucieuse de la diversité des hommes et des situations, attentive à l’histoire et à la raison plutôt que de construire ses politiques sur l’émotion et le sentiment. L’économie de marché a la grande vertu de s’autoréguler par la crise et c’est sans doute parce qu’il y eut trop de régulations étatiques et trop d’interventionnisme au cours de ces dernières années que la bulle a tant enflé avant que d’éclater alors que dans un marché libre, elle aurait été désamorcée plus tôt et à moindres frais. L’économie de marché est aussi celle qui suspecte toute solution unique et lui préfère les expériences des acteurs multiples dont la réalité sait vite reconnaître les meilleures et en tirer profit. Il faut surtout réguler mieux et moins plutôt que d’enrégimenter la planète toute entière et le diable et son train, libérer les acteurs de l’économie par moins d’impôt et de charges, moins d’administration et moins d’interdits pour que de cette liberté renaissent les germes de la croissance par l’innovation et le risque assumé.

Oui, Monsieur Bayrou, l’égalitarisme n’est pas une fin en soi ; en tout les cas, admettez qu’il ne le soit pas pour tous. La fin de l’homme n’est pas d’être l’égal de l’autre, mais d’être soi même, et donc forcément différent, car nous sommes différents par essence, parce que chaque créature est unique et que c’est dans la reconnaissance de cette spécificité de chacun que l’humanité poursuivra sa quête en avant plutôt que dans un nivellement par le bas et dans une uniformisation mondiale que d’aucuns, ignorants de l’histoire, rêvent encore comme d’un paradis terrestre impossible dont ils ont oublié le goût amer.

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