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En matière de chômage, il y a autant d’écart entre la France et l’Allemagne, qu’entre la Grèce et la France : 2,5 fois plus dans ces deux cas
(et même un peu moins dans le 2ème)

Printemps 2017, le taux de chômage s’établit à 9,5% en zone euro et à 8% dans l’Union européenne, selon Eurostat. C’est le plus bas niveau depuis 7 ans. Pourtant en France, la situation sur le marché du travail ne reverdit pas, le chômage restant obstinément supérieur à 10%. Comme c’est le problème majeur de nos gouvernants depuis des lustres, on peut s’interroger sur leur compétence. Parmi les 33 pays[1] dont Eurostat recense les chiffres, seuls 5 font pire : l’Espagne, l’Italie, la Grèce, la Croatie et Chypre.

Néanmoins, on observe qu’une décrue est entamée dans ces pays à l’exception… de la France.

La France a raté la reprise

Exception encore : malgré un chômage déjà faible, les économies les plus prospères ont vu leur taux de chômage poursuivre leur décrue… sauf en France.

Ainsi, comparée aux économies les plus fragiles comme aux meilleures, la France fait toujours moins bien, ratant la reprise que l’on observe partout ailleurs même dans des pays aux économies sinistrées. Si elle ne s’enfonce pas franchement, à côté de ses voisins, elle recule.

Evolution du taux de chômage (base 100 en 2010)

Evolution du taux de chômage (base 100 en 2010)

La France a un taux d’activité trop faible pour son coûteux modèle social

Evolution du taux d’activité (base 100 en 2000)

Evolution du taux d'activité (base 100 en 2000)

Alors que la France a construit un modèle social très solidaire, elle pâtit d’un taux d’activité (rapport entre le nombre d’actifs (actifs occupés et chômeurs) et l’ensemble de la population en âge de travailler) faible de 71,5%. Pourtant ce modèle repose presqu’exclusivement sur les actifs, et plus encore sur les actifs employés. Or, on l’a vu, le chômage reste anormalement élevé en France. Un taux d’activité bas conjugué avec un chômage élevé : la base sur laquelle repose l’édifice est donc bien maigre au regard du poids qu’elle porte. On compte autant d’inactifs qu’en Allemagne, pour une population 22% moins importante. Le taux d’emploi (nombre d’individus de la classe ayant un emploi au nombre total d’individus dans la classe) y est de 64,1 % seulement contre 75% en Allemagne.
Pourquoi un taux si faible ?

Les réformes sont pressantes

Par ailleurs, on observe une forte augmentation du taux d’activité en Allemagne après 2004, alors qu’il était corrélé à celui de la France auparavant. On peut voir là l’effet des réformes profondes du marché du travail en Allemagne. Alors qu’en France recruter s’avère un véritable risque pour l’employeur, souplesse et simplicité apportent outre-Rhin plus de fluidité au marché du travail. Ainsi également de la Suisse, réputée pour son code des obligations (code du travail) léger, qui malgré un taux d’activité déjà très élevé en 2000 (80,5%), l’a vu progresser encore jusqu’à 85%.

Ces simples chiffres permettent de comprendre pourquoi les réformes paramétriques ne permettront pas d’améliorer les comptes publics en France.

La situation se dégrade encore

Les fonctionnaires, protégés du risque de chômage dans leur majorité, sont pourtant toujours inclus dans les calculs. Qu’en est-il si on les en retire ? Sur 15 ans, ce sont les deux dernières années qui sont les pires, avec un taux de chômage qui s’établit alors à 13,5 % enregistrés en 2015, la tendance étant à l’aggravation. Il en est de même si l’on ne retient que les emplois marchands, avec un taux de chômage en hausse s’établissant à 15,2% cette même année.

Chômage hors fonctionnaires

Chômage hors fonctionnaires

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