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En France, quand un politique perd les élections, il revient par la grande porte, en Grande-Bretagne, il se retire dignement

En France, perdre des élections n’a aucun effet sur les personnalités politiques. Elles n’en tirent aucune leçon, restent en place, sont recasées ou bien reviennent après quelques années pour reprendre le pouvoir. Même les politiques condamnés par la justice reviennent comme si de rien n’était. Ces derniers jours, on a même pu voir un personnage comme Bernard Tapie, condamnés plusieurs fois, faire la Une d’un grand journal et annoncer son « retour en politique » afin d’ « interdire le chômage des jeunes ». C’est vraiment se moquer des Français…

Dans les autres pays, ceux qui perdent des élections ou même qui assument un échec économique, choisissent de quitter la scène politique. Voici une liste - non exhaustive – de plusieurs personnalités politiques britanniques qui ont su se retirer dignement après un échec électoral, après une crise ou un scandale.

Clement Attlee (Labour)
• A gagné les élections de 1945 mais les échecs de 1951 et 1955 ont conduit à sa démission de la tête du parti.

Anthony Eden (Conservative)
• Il a succédé à Winston Churchill comme chef des Conservateurs en 1955 et est devenu Premier Ministre la même année.
• Il a démissionné comme Premier Ministre et chef de Parti en 1957 après la crise de Suez

Harold Macmillan (Conservative)
• Il a succédé à Eden et gagné l’élection de 1959 mais a démissionné de son poste de Premier Ministres et chef de Partie en 1963 après plusieurs scandales chez les Conservateurs.

Sir Alec Douglas-Home (Conservative)
• Il a succédé à Macmillan entre 1963 et 1964 mais perdu l’élection de 1964 et démissionné de la tête du Parti.

Harold Wilson (Labour)
• il a gagné l’élection de 1964 mais perdu en 1969.
• Il reste à la tête du Parti et il est réélu en 1974 mais démissionne comme Premier Ministre et chef de parti pendant une crise économique en 1976.

James Callaghan (Labour)
• Il a succédé à Wilson comme Premier Ministre et chef de Parti en 1976
• Il a perdu l’élection de 1979 et a démissionné de la tête du parti en 1980

Magaret Thatcher (Conservative)
• Elle a gagné trois élections de suite mais a démissionné du poste de Premier Ministre et de la tête du Parti en 1990 après la crise de la Poll Tax.

John Major (Conservative)
• Il a succédé à Thatcher mais a démissionné de la tête du Parti conservateur après la perte des élections de 1997.

Tony Blair (Labour)
• Il a démissionné du poste de Premier ministre et de la tête du Labour en 2007 après la perte de sa popularité.

Gordon Brown (Labour)
• Il a succédé à Blair en 2007 mais après l’échec aux élections de 2010, il a démissionné de la tête du Labour.

2015
Ed Miliband et Nick Clegg ont démissionné de leurs postes à la tête du Labour après l’échec aux élections de 2015.
Même Nigel Farage a présenté son démission après son échec mais le parti s’est opposé et il reste le chef d’UKIP.
Nicholas Schott

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Messages (3)

LA VERTU SE PERD DANS L'INTERET...

le 21 décembre 2015, 20:10 par Lexxis

La même liste consacrée cette fois à nos politiques français aurait été infiniment plus courte (eût-elle même existé) ?.

Et ce fait heurte à deux endroits précis la volonté des Français : d'abord quant à l'admission véritable de la sanction populaire ou judiciaire sans barguigner, puis quant au renouvellement du personnel politique. Et quand on retrouve à la barre de l'échec du pays toujours les mêmes et que même ceux qui ont failli, qui ont menti, qui ont été condamnés reviennent, la tentation de protestation par les extrêmes fait les ravages que l'on sait.

La France souffre très certainement d'une professionnalisation excessive de son personnel politique qui, très rapidement et ne sachant plus faire que cela, se coupe trop souvent des préoccupations quotidiennes de ses électeurs et substitue l'intérêt très personnel et immédiat de sa réélection à l'intérêt général du pays.

Pour commencer par la tête, une présidence unique de 7 ans donnerait à son titulaire le temps d'agir, sans l'obliger à constamment flatter du col l'électeur. Et le scrutin majoritaire à un tour placerait chacun - candidat, comme électeur - en face de ses responsabilités en évitant les tripatouillages nauséabonds d'entre deux tours, d'où l'on arrive même parfois - quand on est vraiment bon - à éliminer l'électeur du second tour.

- Répondre -

Exemplarité

le 22 décembre 2015, 09:27 par Phil

Vous pourriez tout aussi bien citer des Hommes ou Femmes politiques Suisses, Allemands ou Espagnols qui ont quitté la scène politique active après des échecs sans revenir Willy Brandt, Helmut Schmitt, Ludwig Erhart, Helmut Kohl, Felipe Gonzales etc....

En France des repris de justice, des perdants aux élections, des "has been" de gauche ou de droite, ne se gênent pas de revenir quelques années après et même de briguer l'élection présidentielle !!!! Le cumul des mandats est une honte en France malgré la loi qui l'interdit !!! Je me rappelle d'un sénateur, président de Conseil Général et Maire d'une grande ville qui encaissait les 3 indemnités et qui essayait de nous persuader de son efficacité dans les 3 postes tenus simultanément !!! ou de sénateurs de plus de 80 ans !!!

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Barto !!!

le 22 décembre 2015, 18:08 par theano

Le cas le plus récent étant Claude Bartolone. Battu aux élections Régionales en Ile-de-France, il trouve le moyen de conserver son poste de président de l'Assemblée en se faisant adouber uniquement par ses amis socialistes. Les excuses entendues à la télé de la part des socialistes : il ne voulait pas se présenter aux Régionales, nous l'y avons forcé' (un retour d'ascenseur en somme pour services rendus !!!), 'il a été élu pour 5 ans' (ben voyons !). De plus, il ose refuser le poste de conseiller régional, les privilèges à l'Assemblée devant y être meilleurs. Sans parler de sa maladie diplomatique pour ne pas se représenter tout-de-suite devant les députés. Un tel personnage est le type même du politicard uniquement préoccupé de son intérêt personnel. C'est le niveau en-dessous de 0 de la politique !

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