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Emploi des jeunes : l’échec de l’Etat et le succès du marché

Le Rapport de l’OCDE sur l’emploi des jeunes sorti en mai dernier a été à peine mentionné par les médias français. Pourtant, ses conclusions sont sans appel : la forte intervention de l’Etat n’améliore pas l’emploi des jeunes dans les pays de l’OCDE. Au contraire, un marché du travail flexible est beaucoup plus efficace. Le Canada donne l’exemple.

La France dépense des milliards pour l’emploi des jeunes et depuis 30 ans ne cessent de créer des emplois aidés. Plus de 4 % du PIB sont consacrés à la politique de l’emploi et en particulier aux « contrats aidés ». Les emplois aidés représentent un coût d’environ 6 Mds d’euros par an pour l’Etat. Et en avril dernier, Nicolas Sarkozy a présenté un nouveau plan d’aide avec un supplément de 1.3 Mds d’euros au service des jeunes. Malgré cela, d’après l’OCDE, la crise a frappé les jeunes à un moment où leur situation sur le marché du travail n’était déjà pas très favorable. Le taux d’emploi des jeunes en France est l’un des plus faibles des pays de l’OCDE et un jeune chômeur sur quatre passe plus d’un an au chômage, contre un sur cinq en moyenne dans l’OCDE.

Pourtant, parmi les autres pays de l’OCDE, certains s’en sortent mieux que d’autres pour ce qui est de l’emploi des jeunes. C’est le cas du Canada. Entre 1996 et 2006, le taux de chômage des jeunes est tombé de 15.4 % à 11.6 %, se situant ainsi pour les deux années considérées sous les moyennes de l’OCDE (16.2 % et 14.7 % respectivement en 1996 et 2006, d’après les enquêtes sur la population active).

Après la flexibilité danoise, voici la flexibilité canadienne

Voici les raisons pour lesquelles les jeunes trouvent plus facilement du travail dans ce pays. Ce ne sont pas des milliards qui ont été distribués mais une très grande souplesse du marché du travail par rapport à ce que l’on observe ailleurs. La transition de l’école vers le travail est relativement facile pour la plupart des jeunes Canadiens. En fait, il n’y a pas de démarcation claire entre études et travail au Canada. Beaucoup de jeunes choisissent soit de cumuler études et travail, d’intégrer le marché du travail pendant un certain temps avant d’entreprendre des études postsecondaires ou encore d’alterner entre études et travail, pour enfin, au terme de leur scolarité, entrer de plain-pied dans la vie active en décrochant un emploi permanent à temps plein. Ainsi, pour plus des trois quarts des titulaires d’au moins un diplôme d’enseignement secondaire supérieur, le premier emploi est permanent et à temps plein.

Il existe peu de facteurs constituant des obstacles à l’embauche des jeunes du côté de la demande de travail. Au Canada, la législation sur la protection de l’emploi compte parmi les moins contraignantes des pays de l’OCDE. Il y a donc peu de risque que les jeunes se fassent piéger dans des emplois temporaires. Chez les jeunes qui ne sont pas aux études à temps plein, la durée des emplois atypiques demeure relativement courte. Cela suggère que le travail atypique constitue une étape transitoire avant l’emploi permanent à temps plein. De plus, ni les salaires, ni les coûts de main d’oeuvre ne semblent, en soi, constituer des obstacles à l’embauche des jeunes. Au Canada, les jeunes travailleurs, surtout ceux aux études, touchent une faible rémunération à leur entrée sur le marché du travail, mais tendent cependant à faire rapidement leur chemin et à occuper des emplois sans cesse plus rémunérateurs.

L’incidence du chômage de long terme chez les jeunes est particulièrement faible au Canada et va en diminuant depuis dix ans. En effet, entre 1996 et 2006, le taux de chômage de long terme des jeunes est tombé de 7 % à moins de 3 %. À titre de comparaison, celui de long terme des jeunes des pays de l’OCDE est en moyenne systématiquement supérieur à 20 %. De plus, alors qu’en 2005, près de 10 % des Canadiens de 15 à 24 ans étaient ni aux études, ni en emploi, ni en formation, cette situation est généralement d’assez courte durée. En effet, 1 % seulement des jeunes Canadiens dans cette situation en 1999 l’étaient toujours en 2001 et en 2003.

Après la flexibilité danoise, voici la flexibilité canadienne. Mais l’exemple canadien traversera-t-il l’Atlantique pour arriver en France ?

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