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Dette des Etats : vive la spéculation et les marchés financiers !

Les attaques des Hommes d’Etat contre les hedge funds ou les paradis fiscaux, sont d’autant plus déplacées que d’une part ce sont bien les « spéculateurs » qui ont révélé la faillite des finances publiques (comme en Grèce), et que d’autre part les marchés financiers internationaux sont bien la seule source de liquidités pour les Etats en difficulté. C’est le point de vue de Nicolas Lecaussin, directeur du développement de l’IREF.

La plupart des pays européens ainsi que les Etats-Unis sont repartis en guerre contre les rares espaces de liberté financière qui subsistent aujourd’hui : les paradis fiscaux d’une part, et surtout les « hedge funds » d’autre part.

Pourtant, il y a quelques semaines, Adair Turner, le Directeur de l’Agence britannique des services financiers, avait déclaré, en se basant sur un rapport de son service, que « les hedge funds n’ont pas joué un rôle important dans la crise ».

Les hedge funds sont des fonds spéculatifs (le premier a été créé en 1949) dont le rôle est de vendre des actifs « à découvert » en neutralisant les hausses et les baisses de la Bourse dans les plus rapides délais. Les hedge funds peuvent aussi détenir des valeurs non-mobilières comme des matières premières. Ils agissent de manière « compulsive » ou spontanée, en essayant de tirer parti rapidement des variations de la Bourse. On compte aujourd’hui plus de 4 000 hedge funds gérant plus de 400 Mds de dollars (les plus connus : le Quantum Funds de Georges Soros, le financier qui veut « réglementer » le capitalisme ou le Tiger Funds). Ce sont donc les seuls fonds à ne pas être contrôlés à ce jour.

La « spéculation » a révélé la dette grecque

Depuis le début de la crise, environ 20% des hedge funds ont disparu sans l’aide d’une quelconque commission de réglementation et de contrôle. Plus important encore, les hedge funds ainsi que ce qu’on appelle les paradis fiscaux, apportent des liquidités à ceux qui en ont besoin. Une étude de l’association Alternative Management Group chiffre à plus de 25 Mds d’euros le montant de pertes qui frapperaient les retraites des Européens en cas de nouvelles réglementations imposées par les Etats aux marchés financiers. D’ailleurs les Etats eux-mêmes ont besoin de ces marchés : c’est là qu’ils trouvent l’argent nécessaire pour s’endetter.

Prenons l’exemple de la Grèce. Les politiques ont blâmé la spéculation et les marchés financiers comme étant à l’origine des déboires économiques de ce pays. Or, il n’en est rien. Nous l’avons déjà écrit précédemment, la Grèce est victime des mauvaises politiques publiques, de l’endettement de l’Etat et des mauvais choix économiques de ses gouvernants. Plus de 30% de la population active travaille pour l’Etat. Le coût de la bureaucratie représente environ 7% du PIB tous les ans. Depuis l’adoption de l’euro, ce pays n’a jamais accompli un seul des critères de Maastricht ! Il est vrai que dans sa situation de faillite annoncée le gouvernement grec a essayé de trouver des partenaires (comme Goldman Sachs) prêts-à-porter une partie de la dette à des taux élevés. L’usure est toujours l’ultime recours des faillis. Mais cela n’a pas suffi, et force est de souligner que les marchés financiers ne s’y sont pas trompés, qui ont révélé notamment l’état catastrophique de l’économie grecque. L’alerte a été déclanchée par les financiers, et non par une quelconque Autorité de contrôle et de réglementation… D’ailleurs, dès que le gouvernement d’Athènes a annoncé un plan d’austérité de 4,8 Mds d’euros, la pression sur l’euro et les obligations grecques ont baissé en intensité.

Ainsi la « spéculation internationale » a-t-elle tiré le signal d’alarme, et on ne peut lui reprocher le déraillement du train. D’ailleurs, aujourd’hui la Grèce et les autres pays endettés (y compris la France) se tournent bien vers le marché financier mondial pour trouver les liquidités dont ils ont besoin. La « spéculation » donne un moratoire aux finances publiques, les Etats sauront-ils profiter de ce délai pour éviter l’explosion ?

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Messages (4)

Sans blague ?

le 21 mars 2010, 21:32

Vous n’avez pas remarqu

# Tout

2 avril 2010, 13:23

Tout

- Répondre -

dette des

le 22 mars 2010, 09:09 par ernewein jacques

Si certains banquiers sont des voyous, ce qui semble certain, c’est que leur app

- Répondre -

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