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Compétitivité : la France est à la 21ème place

Le forum économique mondial vient de publier le rapport annuel 2016-2017 sur la compétitivité mondiale, et la France gagne une place pour atteindre le 21ème rang, avec un score global de 5,2 (sur 7). La Suisse arrive en tête du classement et est suivie de près par les États-Unis en 3ème position, tandis que l’Allemagne se positionne 5ème et le Royaume-Uni 7ème. Malgré de quelques rares progrès sur le terrain de l’innovation et de la sophistication de l’activité des entreprises depuis l’année dernière, la France a vu sa capacité à attirer et à conserver les talents se détériorer. Pourquoi ? A cause d’une réglementation étouffante du travail, d’une fiscalité confiscatoire, de l’inefficacité de son administration et à cause d’une difficulté chronique à améliorer sa productivité.

Il est temps, à sept mois de l’élection présidentielle, de prendre conscience des facteurs qui pénalisent lourdement la compétitivité de l’économie française, et de préparer un projet de réforme ambitieux pour rattraper notre retard sur nos grands voisins européens.

Les facteurs qui pénalisent la compétitivité de l’économie française

La compétitivité est définie dans le rapport comme « un ensemble d’institutions, de politiques et de facteurs qui déterminent le niveau de productivité d’une économie » et donc le niveau de développement et de croissance économique qu’elle peut atteindre. Plus la compétitivité de l’économie d’un pays sera élevée, plus la croissance économique sera susceptible d’être importante sur le long terme. Ainsi, l’indice de compétitivité mondial (GCI), qui est un ensemble de 114 indicateurs regroupés en 12 piliers et 3 grands ensembles, vise à évaluer l’efficience des facteurs qui peuvent influencer la productivité des entreprises, et à comparer la compétitivité de 138 économies.

Comme on peut l’observer avec le graphique suivant, la France souffre d’un environnement macroéconomique défavorable (67ème dans le classement) avec des déficits publics constants (3,3 % en 2016), une dette publique qui atteint des niveaux considérables (probablement 96,5 % du PIB fin 2016), une inflation faible et une épargne élevée des ménages, tandis que l’Allemagne est de son côté dans une phase de désendettement. La France souffre également d’inefficiences majeures dans le marché du travail (51ème) et dans le système productif (31ème). Les principaux facteurs qui empêche l’activité économique d’être efficiente sont l’effet néfaste de l’imposition sur le travail et sur l’investissement, le niveau global de la fiscalité sur les entreprises (62,7 %), une trop forte dépendance des consommateurs à l’égard de l’importation des biens, la difficulté qu’ont les employeurs à licencier, des problèmes dans les relations de travail entre employeurs et salariés, mais aussi une incapacité à attirer et retenir les talents, un manque de flexibilité dans la détermination de la rémunération des employés et un système financier et bancaire qui ne répond pas aux besoins en investissement et en trésorerie des entreprises. À cela s’ajoute évidemment l’effet attendu sur l’activité et la croissance du terrorisme et de la progression de l’insécurité.

Indices de compétitivité

Indices de compétitivité

À l’inverse, la France dispose d’un excellent réseau d’infrastructures, d’un marché abondant, d’une bonne capacité d’innovation, d’un bon système de santé et d’un système éducatif et de formation satisfaisant, même si des progrès peuvent être faits dans ces domaines. En focalisant les réformes sur les facteurs les plus problématiques, l’économie française pourrait récupérer des parts de marché, rehausser la compétitivité prix et hors-prix des biens et services à l’international, rééquilibrer la balance commerciale et favoriser le développement des entreprises par la croissance des exportations.

Les réformes doivent porter sur la baisse de la fiscalité et la simplification du droit du travail

Comme on peut l’observer sur le graphique ci-après, les entrepreneurs déclarent que les éléments qui pèsent le plus sur la conduite des affaires sont la réglementation du travail (23,8[1], alors que l’Allemagne est à 10,6 et le Royaume-Uni à 7), le taux élevé des impôts (23,4 contre 14,1 et 12,5), la réglementation fiscale (19,2 contre 14,3 et 14,8) ou encore la bureaucratie (11,7 contre 12 et 8,9). Cette enquête nous révèle – ou plutôt nous confirme – que les premiers obstacles qui empêchent les entrepreneurs de développer leur activité sont de nature fiscale et réglementaire, en dépit des (maigres) efforts entrepris par le gouvernement avec la loi Travail et le CICE.

Facteurs les plus problématiques pour les affaires

Facteurs les plus problématiques pour les affaires

Pour redevenir compétitive, l’économie française doit donc faire considérablement baisser le niveau d’imposition global sur les entreprises, par exemple en abaissant le taux nominal et effectif d’imposition sur les sociétés, les cotisations sociales sur les salaires, les prélèvements de nature sociale sur les revenus du travail et du capital (CSG, CRDS, etc.), ou encore la taxation sur les plus-values liées aux cessions d’entreprises. La France reste un des pays où la pression fiscale et sociale est la plus élevée du monde. Si le salaire super-brut du salarié moyen peut atteindre les 56 000 €, le salaire net des prélèvements fiscaux (TVA, IRPP) et sociaux (charges patronales + salariales) tombe à environ 24 000 €, soit une ponction de 32 000 €, qui n’est plus importante qu’en Belgique dans le monde. Il est également urgent de simplifier drastiquement la réglementation du travail et des entreprises, en facilitant les licenciements et en mettant en place des contrats de travail flexibles, de supprimer le salaire minimum au niveau national et de laisser sa fixation au niveau des branches, et de simplifier l’ensemble des procédures administratives qui s’imposent aux entreprises. En concentrant les réformes sur ces deux sujets fondamentaux, la France redeviendra vite suffisamment compétitive pour rattraper son retard sur ses voisins européens.

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Messages (1)

déficit et dette.

le 4 octobre, 13:15 par Jidé

L'ultime but à atteindre est d'arriver à un déficit de 3% du PIB.
A quoi cela sert-il si dans le même temps on ne vise pas à un taux de dette de 60% comme prévu dans les critères de Maastricht ?
Les politiques et Bruxelles sont étrangement muets à ce sujet !

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