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Aide à l’Afrique : inutile et dangereuse

Malgré des milliards d’aides publiques et privées – l’équivalent de plusieurs plans Marshall depuis 50 ans – l’Afrique reste le continent le moins développé au monde. Plus de 40 % de l’aide envoyée par les pays riches sont utilisés à l’achat d’armement et au maintien au pouvoir des dictateurs. Ce qu’il faut à l’Afrique c’est plus de libre-échange, moins de protectionnisme et de vrais droits de propriété.

Avec la mort d’Omar Bongo, le « plus vieil ami de la France, une figure emblématique des relations franco-africaines disparaît. Le président gabonais a été pendant plus de 40 ans le symbole des affaires occultes et des aides publiques détournées. Dictateur indécrottable, il a bénéficié du soutien infaillible de l’Etat français. Comme de nombreux autres dictateurs africains, il a su profiter de la manne occidentale qu’il a utilisée pour se maintenir au pouvoir laissant son peuple dans le dénouement. Les statistiques sont impitoyables : dans le classement du Développement Humain réalisé par les Nations Unies, l’Afrique est bien dernière avec un score de seulement 0.472. A titre de comparaison, les Etats-Unis et les pays de l’OCDE ont un score de 0.948.

La situation mauvaise de l’Afrique par rapport à d’autres continents ne veut pas dire que rien ne s’est amélioré depuis les années 1950. La mortalité infantile par exemple a baissé de 177 pour 1 000 en 1955 à 100 pour 1 000 en 2004. De même, l’espérance de vie a augmenté de 37.4 ans en 1950 à 45.6 en 2004. Est-ce suffisant ? A titre de comparaison, l’évolution des autres continents en dit long sur le retard de l’Afrique. Si, en 1960, l’Africain moyen était un peu plus riche que l’Asiatique moyen, aujourd’hui, l’Asiatique est 2.5 fois plus riche que l’Africain. Au niveau des pays aussi, les évolutions sont extrêmement différentes. En 1960, le revenu par habitant en Corée du Sud était de 1.226 $ et de 1.378 $ au Ghana. En 2004, le revenu des Coréens avait été multiplié par plus de 11 fois atteignant 15.735 $ tandis que celui des Ghanéens avait… baissé à 1.360 $.

En 30 ans, un Africain a reçu 24 fois plus d’aide qu’un Chinois ou un Indien

Après la décolonisation et malgré les aides, les revenus par habitant des Africains ont baissé de 5 % entre 1975 et 2005. Durant la même période, les revenus des Chinois et des Indiens ont augmenté de 888 % et, respectivement, de 177 %. Entre 1975 et 2005, l’aide extérieure par habitat a été de 24,50 dollars en Afrique et de seulement 1,50 dollars en Chine et de 2 dollars en Inde. Malgré cette aide 24 fois supérieure, la croissance par habitant a été négative en Afrique : - 0.16 %. Elle a été de 7.9 % en Chine et de 3.5 % en Inde. Intéressant aussi le fait qu’en l’absence d’une aidé extérieure significative, le nombre d’individus vivant avec seulement 1 dollar par jour est passé de 84 % en 1981 à 15.9 % en 2005 en Chine. En Inde, la pauvreté absolue est passée de 59.8 % à 40.6 % sur la même période malgré une forte croissance de la population.

Depuis le sommet du G8 à Gleneagles en Ecosse, l’aide à l’Afrique a doublé et va atteindre 50 Mds de dollars par an en 2010 (il ne s’agit que de l’aide publique). Son impact auprès des populations africaines n’est pas vraiment positif comme les chiffres l’indiquent. Plus encore, certaines études de la Banque Mondiale montrent qu’environ 40 % de cette aide sont utilisés pour des dépenses militaires et qu’un pourcentage élevé encourage l’apparition d’une forte bureaucratie qui vit de l’aide mondiale. Les contrôles pour vérifier si cette aide arrive bien aux populations sont difficiles car, au nom de la souveraineté nationale, ce sont les Etats receveurs qui la distribuent. Il n’y a pas de véritable incitation aux réformes en échange de l’aide reçue et encore moins de soutien à la démocratisation du pays. En dépit de ces milliards distribués, la dette des pays africains n’a cessé d’augmenter : de quelques milliards en 1950 elle atteint 150 Mds de dollars en 2007.

Moins d’aide et plus de libertés

Ce qu’il faut à l’Afrique pour sortir de la pauvreté c’est plus de libertés politiques économiques. Aujourd’hui, l’Afrique est non seulement le continent le moins démocratique mais aussi celui où les barrières au commerce libre sont les plus importantes. Les taxes douanières ont baissé dans les pays membres de l’OCDE de 9.5 % en 1988 à 2.9 % en 2007 (une réduction de 70 %). Durant la même période, elles sont passées en Afrique de 26.6 % à 13.1 % (- 50 %) auxquelles s’ajoutent des milliers de tracasseries administratives. Il est plus difficile d’acheminer un cargo de marchandises d’Abidjan à Dakar que de Dakar à Vilnius. Les produits agricoles provenant des pays non-africains sont taxé à 24 % en Afrique et ceux non-agricoles à 21 %. Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir jusqu’à la réforme du continent. Mais ce qui est sûr c’est que ce chemin passe par plus libre-échange et moins d’aide publique.

Les Etats-Unis et l’aide au tiers-monde : la réalité

Les clichés antiaméricains que les médias français ressortent régulièrement concernent souvent l’aide aux pays du tiers-monde. On reproche aux Américains la faiblesse de leur contribution pour aider les pays pauvres. Or, voici les faits :

> on dit que les Américains ne consacrent que 0,4 % de leur PIB à l’aide au développement contrairement aux autres pays dont les contributions représentent 1 % du PIB. Si l’on transforme cette aide en dollars, cela représente 16,2 mds de dollars, plus du double de la contribution des autres pays riches, y compris la France. Ceux qui bénéficient de ces aides n’ont rien à faire du pourcentage du PIB ; ce qui les intéresse ce sont les sommes effectivement reçues.

> Ceux qui critiquent l’aide des Américains oublient de tenir compte de l’aide privée qui représente environ 33,6 Mds de dollars, plus du double de l’aide publique (d’après l’Agence Internationale du développement). Pour ne donner qu’un seule exemple, il ne faut pas oublier qu’une fondation privée comme celle de Bill Gates dépense des milliards de dollars pour le tiers-monde. Celle-ci finance par exemple la vaccination des millions d’enfants dans plusieurs pays d’Afrique.

En 2000, d’après les statistiques de l’Agence pour le Développement International, le total de l’aide américaine (public + privé) s’est élevée à 56 Mds de dollars dont : seulement 18 % a représenté l’aide « officielle » (publique), le reste venant du privé (des entreprises, des fondations, mais surtout 18 Mds de dons individuels).

> Mais ce qui dérange le plus les antiaméricains (en particulier, la France), c’est que, de plus en plus, les Etats-Unis souhaitent conditionner l’aide en fonction des réformes prises par les pays en question pour introduire la démocratie, libéraliser l’économie, combattre la corruption et établir l’Etat de droit (ces critères sont détaillés dans le programme « Millennium Challenge Account » proposé par les USA à l’ONU en 2004). Ce n’est pas un secret pour personne : la plupart des aides sont dilapidées par les dictateurs et/ou par la bureaucratie étatique.

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